Suite du tutoriel
Akuna's photos hacked II
"Les plateformes de partage de photos spécialisées: un vrai réseau social"
Lors des précédents billets, j'insistais sur l'aspect
numérique des outils que j'utilise pour la prendre des instantanés de ma vie sportive. Les avantages de cette chaine numérique ne
s'arrêtent pas à ces outils, loin s'en faut.
Des informations binaires, des bouts de "0" et de "1" tellements simples et reproductibles à l'infini, mais qui assemblés révèlent notre sensibilité et vision du monde.
Internet joue un rôle primordial dans le partage d'information, ou plutôt de partage de passion, de vie. Des plateformes spécialisées se développent et mettent à dispositions des outils formidables
à la mode
2.0 (il y a beaucoup de définition mais j'aime à croire que ce 2.0. fait référence au
réseau et à
l'intelligence collective cf.
Tim O'Reilly). Concernant les plateformes de photos, j'utilise
flickr (du
géant yahoo) et
Picasa (de l'autre géant: google).
1- le réseau
Partager ses photos pour que le résultat soit plus grand que la somme, Flickr connait bien. J'y utilise depuis plus d'un an un compte professionnel (rassurez vous c'est seulement 25 $/an pour un
hébergement illimité en taille). J'ai plus de 8000 photos chez eux (à 1.5 Mo la photo, je vous laisse faire le calcul) ! Mais à quoi ça sert de partager ses photos boudiou ??? En tout cas ça ne
coûte pas plus cher..
Les noeuds dans le réseau flickr donne des résultats surprenant. Par exemple, celui de Carlos le rédacteur de Beta-Sway eZine ( magazine sur internet branché) tombant sur une photo de Jérome
en plein action natatoire.
Carlos s'empresse de l'intégrer à sa galerie sportive "rapid eye movement" de son édition de mai 2007 (
issue #2 page 60). Ca donne un peu le
tournis de savoir qu'une simple photo prise à la Ciotat puisse être vue par des sportifs afficionados urbains allemands...
Un autre exemple est celui de cette professeur de collège US, qui m'adressa cette curieuse requête:
"I like your photo of the two people overlooking a mountainscape. (Ventoux 73 tuned) I have written a teen course for use by small groups called "Life Skills 101". I am searching for pictures
that might define that concept with a sense of challenge to put on the cover of the course."
Bref, si mes amis traileurs Yves et Lionel savaient qu'ils vont inspirer des classes de petits élèves américains au
"challenge" de la vie...Leur silhouettes trôneront sur la première
page d'un cours quelque part dans le cartable d'un écolier entre l'Arizona et le New jersey, et qui sait? Inspirer des vocations de futurs alpinistes ou traileurs dans une ou deux décennies.
Au delà des ces deux anecdotes à la trajectoire internationale, le partage de photos est une aide non négligeable, dans mon cas, à faire découvrir une passion sportive (mais cela est vrai pour
d'autres passions) au travers d'images qui chatouillent l'envie des internautes.
La technique au service d'une ergonomie irréprochable, c'est le qualificatif le mieux approprié pour définir Flickr. Je peux y stocker, classifier, partager aisément à l'aide de
tags,
fil rss et autres petits codes html (pointant vers les photos sous flickr) à
intégrer dans d'autres plateformes communautaire sportives telles que
Ultrafondus forum et
Kikourou. On
peut voir mon flickr comme un réservoir ou une banque d'images où l'on pourrait piocher du contenu graphique pour different médias. La différence avec l'internet 1.0 se fait essentiellement
sur la façon de classer les photos, de chercher (en
pull: on cherche sur flickr à l'aide de tags , ou en
push: abonnement à un fil rss des photos que je mets sur flickr), du
développement du haut débit. Il y a une sorte de fluidité qui sous tend ce concept 2.0.
A propos de médias, après une course je propose systématiquement mes photos aux organisateurs. Je leur donne le lien sous flickr et ils y picorent avec plus ou moins de bonheur. Car il m'arrive
d'envoyer encore des CD aux
"internet mentally challenged" ;-) . J'avoue que j'éprouve une certaine fierté lorsque certaines de mes photos se retrouvent affichées sur les sites de courses
ou magazines.
Mais le web 2.0 permet d'autres choses, notamment de prendre de l'information à différentes sources, de la malaxer telle de l'argile pour en faire quelque chose de nouveau, innovant... Enter :
intelligence collective
2- l'intelligence collective
Intelligence collective, derière cette définition pompeuse se cache des personnes avec des interets communs, prêtes à donner de leur temps pour créer quelque chose de supérieure à la somme que
chacun aurait mis de façon individuel. Une sorte d'effet levier où chacun se fait la courte échelle mutuellement.
Je pense à la communauté kikourou qui se nourrit
des récits et
photos de ses membres pour susciter bonne
humeur et un sens très "kikouresque" d'aborder la course à pied. Les photos ici prennent tout leur sens car elle font parti du ciment qui lie les gens situés à des centaines de km les uns des
autres, un bon exemple en la matière est
le trombinoscope fait par Nono. Il n'est pas rare avant les courses de se retrouver entre
kikoureurs et Ufos, un peu à la manière d'une secte secrète avec ses codes de reconnaissance "buff kikourou" ou "écusson UFO".
Lors de courses importantes (UTMB, 24h...),
le fil "live" sur le forum permet de faire le point sur l'avancement 24h/24h des membres
et en cas de coup de mou sur les points de passage l'envoi de SMS d'encouragement s'impose. Et quand le réseau téléphonique ne passe pas, des
provisions de lettres d'encouragements sous scellé sont une solution bien pratique. L'intelligence collective: filet moral invisible
des compétiteurs ?
Au delà de l'aspect compétition "ON" se développe, en reflet, l'aspect convivial au centre et la course à pied autour. Nous appelons "OFF" ce moment où le curseur compétition est au mini et
l'ambiance au maxi, mais l'effet médiatique (récit, photos etc..) sur le forum est bien au max.
La force du web 2.0 ne se cantonne pas seulement entre les plateforme de partage d'expérience sportive ou de photos, elle est aussi de mettre à disposition aux internautes une façon de
s'interconnecter entre plusieurs plateformes. Ainsi j'utilise le très prometteur "mash up" platform de Yahoo pour mes photos geotaggées sous flickr (
cf tutoriel).
Je rentre des données (ici les tags de mes photos géolocalisées) dans ce petit programme (
merci Steev) et
il me ressort un fichier kml (google earth ou autre format) pret à l'emploi dans google earth. Ce petit mash up (voir ci dessous pour la présentation style mindmanager), hébergés chez yahoo pipes,
est un exemple parmi tant d'autres.
Concrètement il va chercher les flux (feed) dans mon compte flickr de mes photos taggées (mots clés attachés aux photos) puis génère le code de telle manière à avoir un fichier exploitable
chez google earth , google maps (pourtant concurrent de Yahoo).
Les briques de base, l'hébergement de l'écosystème sont fournies par YahooPipes et l'imagination des utilisateurs est simplement sans limite...
Je prends des flux d'information d'une ou plusieurs plateformes, je les malaxe pour les utiliser sur d'autres plateformes et je place l'utilisateur au centre, je partage, je m'inspire. Ce
"je", c'est "vous", c'est "nous". Un monde changeant, sans frontières, où être à l'interface de réseaux se révèle enrichissant. Vive l'intelligence collective !
Le prochain billet est plus "back to the basics" avec
le cadre et les compositions d'une photo.
Akuna