pourquoi ce blog ?


Marseille-Cassis par les collines 2008 (22)

I - J'ai ajouté des articles sur la vie du club LCT (entrainements, tutoriels...), maintenant Il s'agit surtout du trail car le triathlon est en stand by

II - Ce blog était une plateforme destinée à tous les bénévoles et membres de l'organisation de l'IronB qui a eu lieu le 08 Octobre 2006. Il a repris du service pour l'édition 2007 qui a eu lieu le 07 Octobre.

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Salaam ami(e)s traileurs,

 Je fais un article spécial photos, les APN ont chauffé dur pendant le trail. Je remettrai régulièrement à jour cet article au fur et à mesure des photos disponibles. TSB_fond_clair_230

 Mise a jour 18/03/09: belle météo ensoleillée, des traileurs ravis et fatigués, de quoi remplir de fierté tous les acteurs impliqués dans l'organisation de ce trail (mairie de Cuges, bénévoles MTC, les secoureurs de l'Unass13 et j'en oublie forcément...)

Une petite pensée pour Sébastien de Cuges qui n'a pas pu voir le fruit d'un gros travail. Les premières photos en ligne mise par Julien (signaleur au niveau de l'antenne) sont la. Les photos (nombreuses) arriveront durant la semaine.

Alexandre Renoir a sorti le reflex qui va bien et il a shooté les traileurs de fort belle manière (voir la galerie flickr), Serial Traileur a mitraillé également à la sortie de la première montée. La galerie flickr de Laurent situé à  5 km de l'arrivée est ici, sont diaporama est la (mettre le plein écran).

Philippe G. a pris des photos à la fin de la terrible descente du col de fauge des premiers, il a eu du mal car ils déboulaient très  vite Surprised. Cela n'empêche pas certains d'avoir le sourire, trop facile...Marie G. était sur le 3eme ravitaillement, ses photos sont ici.

 En avant première la galerie flash du MTC du TSB 2009 (ma course vue de l'intérieure) 8-)

Akuna

PS:  Si vous avez des photos à partager, n'hesitez pas à  m'envoyer un mail (jmgueye(at)gmail.com). Je vous dirai ou les mettre en ligne.

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Ahoy ami(e)s traileurs,

 Dernière ligne droite avant le Mille in Mars édition 2009 ce 20 Mars, et dernières consignes de Guilhem pour réussir cet Off mi-chien mi loup.Toutes les informations sont disponibles sur le site de lafriche.org.

Il reste une vingtaine de place, inscrivez vous vite !

Vous êtes inscrit pour participer à une épreuve sportive off 
-      Ce n’est pas une course
-      Il n’y a ni dossard, ni vainqueur, ni frais de participation
-      Les plus rapides devront attendre les plus lents 
-      Nous serons pendant une dizaine de kilomètres en pleine nature, avec les risques que cela implique, puis en milieu urbain jusqu'à l'arrivée. 
 
Vous êtes inscrit à une épreuve difficile et longue (minimum 3H30)
-      Merci de ne pas improviser sur une telle épreuve si vous n’êtes pas prêt physiquement (contrairement aux éditions précédentes il est impossible de décrocher dans la première partie (10km/450D+)
-      Nous serons contraints de vous faire émarger avant le début du trail, d’abord pour vous compter et éviter de vous perdre, ensuite pour des raisons de responsabilité. 
-      Vous devez donc posséder une assurance civile ou une assurance qui vous couvre lors de vos activités sportives. 
-      Cette épreuve est considérée comme une reconnaissance, donc totalement officieuse. Finalement vous prendrez simplement part à un entraînement collectif.
 
L’esprit trail : autonomie et citoyenneté
-      Un seul ravitaillement est prévu sur le parcours à PALAMA (proche de Chateau-Gombert) : vous disposerez de 50cl d'eau et d'une boisson chaude.
-      Ceci étant vous devez impérativement vous équiper avec une poche d’eau ou des bidons, ainsi que de quoi vous alimenter (gel, barre énergétique, …)
-      Une lampe frontale est également IMPÉRATIVE (pensez aux piles), surtout pour le secteur SIMIANE/PALAMANous ne vous laisserons pas partir sans éclairage
 
Infos pratiques : 
-      Rendez-vous fixé à 
19H00  sur le parking de la Friche La Belle de Mai (entrée par la rue François Simon). Soyez ponctuels nous partirons à 19H20 de la Friche.
-      DÉPART DU TRAIN A 19H44 A LA GARE ST CHARLES 
-     Pour ceux qui nous rejoignent en Gare de Simiane, le rendez-vous est à 20H15.
-     Vous pouvez laisser votre voiture en toute sécurité sur le parking (gardé). 
-      Je vous rappelle que nous vous offrons un repas à l’arrivée

- Pour le PAIEMENT DU TRAIN (1€), vous réglerez à l'émargement pour ceux qui seront à LA FRICHE au départ. Sinon cela pourra se faire dans le train si vous venez directement, ou encore à la GARE DE SIMIANE, si vous venez directement à SIMIANE. 


Merci à celles et ceux qui se désistent de nous tenir informés, nous pourrons prendre les personnes en liste d'attente.

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A vendredi !
Olivier, Lamber et Guilhem
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Nimen Hao ami(e)s traileurs,

"Je reprends ce fil utile issu du forum MTC, un retex qui peut intéresser les uns et les autres sur l'aspect gestion de course avec cardio et altimètre."

Pour une fois, je fais le trail de St Cyr sans appareil photo numérique. Mais je suis encore accroc a la technologie avec un instrument qui me sert grandement en mode compétition: le cardio fréquencemètre. Avec l'expérience on sait a peu près combien de temps on tient avec un certain % de la fréquence maximum (fréquence max déterminée par exemple lors du vameval). Pour 25km, 1000 m+ je pense pouvoir tenir les 90% Fcmax (sur l'UTMB c'est plutôt du 135-145 bpm), soit 160 bpm, normalement au départ j'aurais bien aimé pouvoir me placer dans le 1er tiers, mais bozzo que je suis je dois faire un AR express St Cyr La Ciotat pour un certificat médical manquant.

Bref , a ne pas faire (cardio a 90 bpm avant le départ, j'ai grillé de l'énergie pour rien)...le départ est donne, je vois Jean-Marc devant moi et ca c'est l'aubaine, car c'est un métronome et je sais qu'il ne faiblira pas sur cette distance. Je me cale a 50 m derrière lui tout en jetant un coup d'oeil au cardio, Les singles avec possibles bouchons sont assez loin, je m'affole pas et les partants devant n'ayant pas l'allure vont progressivement rentrer dans le rang sans gêner les plus rapides (par contre si j'avais su que le single était proche du départ, je me serai mis épisodiquement dans la zone rouge 160-170bpm (laps de <1min, ça se travaille en fractionné) volontairement pour arriver en bonne place dans la partie technique) [.....]



Je suis rapidement a 160 bpm sur le plat, mais dans les montées goudronnées je suis oblige de me freiner constamment car le flot des coureurs est plus rapide. Je marche quelques fois pour faire redescendre le cardio ou quand la pente est trop forte. Les coureurs m'entourant me doublent en montée mais je les rattrape sur le plat ou en descente, et j'ai toujours le cardio a 160 bpm. Cela veut dire qu'ils encaissent des variations cardiaques importantes avec le risque d'être dans la zone rouge de nombreuses fois et un laps de temps important.

Il y a une grosse différence d'allure en descente technique ou non avec mes collègues, preuve que beaucoup ne savent pas lisser leur courbe cardiaque. Ils donnent trop fort dans les montées et n'ont plus les jambes pour profiter de la gravité dans les descentes, il y a aussi les "routeux" qui a ce stade me mettent une pile dans les montées et qui sont dégoutés quand je les passent dans les descentes ;). Dans le premier tiers de la course je me fais doubler de temps a autre (et toujours en montée), dans les deux autres tiers je ne fais que remonter (sauf la 1ere féminine qui m'a mis 3 minutes en 7km :shock: ) alors que je suis constant en fréquence cardiaque. J'estime avoir abordé les singles techniques a la 100eme position pour finir a l'arrivée en 39eme position.

J'ai dit que j'étais toujours a 160 bpm, mais ce n'est pas vrai :D ...tout le temps. Car je m'autorise des extras a 166-167 bpm pour pouvoir dépasser en montée, descendre vite une partie facile, prendre des appuis forts dans des descentes techniques. Cette zone rouge pour moi je ne peux le répéter que de temps a autres, la ce n'est pas le cardio qui va dire si ces petits extra vont couter cher, il faut se fier a la sensation. Sur le total de la course j'estime (ben non j'ai pas la courbe cardio avec ma montre altimètre) être dans cette zone rouge maxi 15 minutes. La encore j'ai un peu joue au bozzo en oubliant ma sporténine, efficace quand on sent l'acide lactique s'amplifier méchamment dans les jambes.

coté alimentation, pas de barres, j'ai pris ma ceinture double bidon Salomon avec les gourdes remplies a moitie (car ravitaillement toutes les heures et je tourne a 1 bidon/h en général, ceci dit sur ce format court 0,5 bidon/h devrait suffire a finir). J'ai un mix eau + caloreen (maltodextrine). Je bois de l'eau en fonction des aléas de la course, bloqué en montée, sur une portion plate facile a suivre, mais tout en gardant a l'esprit de boire suffisamment avant le prochain ravitaillement. J'ai refait le plein au 1er ravitaillement (1/2 bidon eau) et j'ai pris un verre d'eau au second (sur du long j'aurais pris soin de prendre 1bidon/h). Il faut bien visualiser (imaginer sortir sa gourde, se voir entrain de faire le plein, boire un verre d'eau, remercier les bénévoles...) ce que l'on va faire au ravito, pour ne pas perdre de temps inutilement. J'ai pris a tout casser maximum 35 secondes au total sur les ravitos.

L'altimètre est une des données les plus intéressantes pour moi, en montée elle indique les mètres par minutes (m/min), il y a évidemment une correspondance avec le fréquence cardiaque, et elle donne vraiment la mesure de l'effort fourni. Pendant la course j'étais régulièrement entre 17 et 19 m/min en montée. Alors quand on marche et qu'on a l'impression d'être scotché, l'altimètre permet de voir immédiatement si ça dépote ou non.

Le mental...en début de course j'ai surtout fait attention a ne pas être dans la zone rouge, être appliqué dans les descentes afin de faire descendre le cœur si j'étais derrière des lents-en-descente-mais-qui-me-mettent-minables-en-montée. bref c'est plutôt du:

1) des pensées associatives internes (ou : monitoring interne de la course) : mes sensations, les douleurs ressenties, activité musculaire, détente ou au contraire contraction musculaire, etc…

2) des pensées associatives externes (ou : monitoring extérieur de la course) : la vitesse, le chronomètre, le profil de la course, la présence des concurrents, le vent, etc…

Vers la fin de la course, je me battais pour conserver ces 160 bpm (surtout sur le plat), je sentais un début de crampes aux adducteurs, j'avais besoin d'un ressource mentale pour m'extraire de tout un tas de pensées négatives. Je ressort mes capacités de photographe pour me ressourcer sur la beauté du paysage, et cela suffit a me renvoyer dans une spirale de pensées positives:

4) des pensées dissociatives externes (ou : distraction extérieure) : paysage observé, lieux traversés, etc..

plus de détails sur le fil Dis a quoi tu penses des Ufos

Avec le recul, je me dis que c'est la capacité a passer d'un mode a l'autre qui forge le mental.

Un dernier point technique non négligeable, courir ou marcher en montée ? les deux mon capitaine, a un certain pourcentage de pente la course est plus énergivore que la marche car la pente est telle que l'on ne récupère pas l'énergie élastique de la course. Alors il vaut mieux marcher et courir des que le sentier s'adoucit. Il m'est arrivé sur St cyr de courir 5 fois et de marcher 5 fois dans une même montée, la marche a grand pas mains sur les cuisses dans les fort pourcentage a 18 m/min est possible (il faut s'entrainer), pour une pente moins forte: marche petit pas et en fréquence. C'est encore de l'entrainement pour savoir quand il faut marcher ou courir.

Il faut avoir toujours en tête d'arriver au sommet avec de la réserve (quitte a ralentir l'allure), car dans les descentes suivantes il faut avoir toute sa tête et toutes ses jambes (sinon on fait comme les routeux 8-) le corps en arrière a bousiller ses quadriceps et descendre presque en marchant :lol: )

Conclusion, je n'ai pas pu rattraper Jean-Marc (avec le recul j'aurais du faire l'effort au départ), mais je pense qu'il a du avoir une gestion de course similaire.

Et vous comment ça s'est passé ?

PS: un fil intéressant chez les kikoureurs sur l'entrainement au cardio, et notamment sur l'entrainement base sur la filiere aérobie (on retrouve les memes notions que la méthode maffetone brievement evoquée dans le dernier ultrafondus magazine #56).

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Ola ami(e)s traieurs,

Je reprends dans cet article un post issu du forum MTC (celui ci contient des références ou citations issues d'autres forum de course a pied ou de triathlon). Je n'ai absolument pas la prétention d'être un professeur et encore moins un modèle, c'est juste une partie de mon expérience que je partage avec vous.

Les connaissances du milieu trail sont éparses et se consolident actuellement avec l'essor de cette discipline, et c'est un peu ça qui fait le charme de la discipline, apprendre, tester, se planter...re-tester, réussir et partager. Il n'y a malheureusement pas de formules toutes faites qui conviennent pour tout le monde dans le domaine de l'alimentation, matériel et voire même du mental. L'important est aussi le chemin qui mène a l'objectif Wink.


Je vais vous parler de ...cyclisme. Lors d'une sortie vélo avec Tibichique et un ami du cote de l'Espigoulier, j'ai testé une boisson énergétique (overstim je crois), il faisait super chaud sur cette montée entre saint Zacharie et plan d'Aups. J'ai fini cramé, carbonisé. Les lampées de bidon dans mon gosier desséché n'y faisait rien, la pâte d'amande n'apportait aucune aide non plus. Le soir même a l'appart, alors que j'étais littéralement lyophilisé, je ne peux absolument pas me réhydrater malgré mes efforts répétés (oui l'estomac se remplit mais tout repart direct aux toilettes :mrgreen: ).
Ben c'est pas tout mais quand est ce que j'arrive a assimiler les liquides :shock: ? Grrrr, j'ai fini a l'hosto avec IV glucosée (avec entretemps 4kg en moins, 90 Euros de moins dans mon larfeuille pour sos médecin :roll: , et 50 points de moins sur mon QI :oops: ). Mais que pasa :?:

[....]



Ouiki (non ..pas whisky, hips) est ton ami :arrow: http://fr.wikipedia.org/wiki/Osmolalit%C3%A9
Pour faire court, lorsque l'on absorbe du liquide (par voie orale, hein on est d'accord :twisted: ), il faut que de cela passe de l'estomac (vidange gastrique maximale généralement entre 0,6 et 1litre/heure, pour moi c'est pile un bidon (600 ml)), puis a l'absorption intestinale. C'est la que la perfide osmolalité m'a dégommé comme au ball trap, tandis que j'essayais vainement a enfiler un max de glucides avec mon savant mélange dosé au pifomètre...
En effet, le liquide que l'on boit a l'effort doit avoir un certaine osmolalité maximum sous peine de voir l'effet inverse escompte, l'eau contenu dans le corps retourne dans les intestins. Et c'est vraiment pas le but recherché, n'est ce pas ? Et c'est bien ce qu'il c'était passé ce jour la du coté du plan d'Aups.

Mais revenons a nos moutons ou plutôt mouflons, cela fait maintenant quelques années que je pratique le trail, avec plus ou moins de bonheur au niveau des résultats. Je n'ai jamais pu reproduire mes résultats sur le bitume (à peu près dans les 10-20% des participants). Plus c'était long moins j'étais à l'aise. Mon premier trail long fut celui de la sainte victoire en 2005... et vraiment la grosse défaillance aussi impressionnante que la course fut longue.
En générale dès que cela dépasse les 3 heures, je ne peux maintenir un rythme soutenu et je suis scotché à 50% de ma VMA (50% de plus ou moins 17-18km/h).

3h c'est à peu près le temps de réserve de glycogène (le super carburant, à contrario des lipides qui eux sont un peu le diesel et un stock plus que nécessaire) stocké dans l'organisme...Conclusion j'ai un souci d'assimilation de glucides par voie orale. Plus exactement je tombe à court de super carburant (glucides) car je dépense plus que j'absorbe à mon allure. Je pourrais baisser la consommation de super en ralentissant (et de facto c'est ce qu'il se produit avec plus ou moins de brutalité), et tirer moins sur la machine. Toutefois, avouez que c'est frustrant de devoir se trainer à une allure somme toute de balade, alors qu'on a la cylindré pour aller beaucoup plus vite...Ouais une bagnole de sport avec un minuscule réservoir...faut juste tomber sur les bonnes stations avec un mélange d'essence concentré !!

Image

Il faut faire appel aux experts en la personne de D.Riché (brillant diététicien français, sportif accompli) et son bouquin adapté aux sportifs (Guide nutritionnel des sports d'endurance, 2e édition (Broché))

C'est un livre très pédagogique et qui va bien au delà du sport, j'espère que nos enfants auront des cours de diététique aussi clairs ! J'ai essayé de suivre les préconisations de dosage des boissons énergétiques, mais rien à faire je retarde le "bonk" seulement un peu plus tard...

Du coup, j'ai commencé sérieusement a m'intéresser a boire :mrgreen: la quantité qu'il faut au dosage qu'il me faut.
Je me renseigne a droite a gauche et fait appel a l'intelligence collective du forum UFO, d'onlinetri et même d'un ami triathlete, ci dessous l'extrait d'une question posée sur le forum UFO

Contrairement a ce que l'on pense ce n'est pas l'eau claire qui est le plus rapidement assimilée, il faut un bon dosage, heu oui mais lequel ? Allez voir chez nos amis de Deniv un bon résumé des choses, mais j'ai bien peur qu'il faudra vous même trouver vos limites quitte a finir avec une IV dans le bras :mrgreen: . Mais l'important c'est bien de savoir a posteriori ce qui a amené a cet extrême.

Une question technique concernant l'absorption intestinale maximal de glucide que l'on peut ingérer lors d'une épreuve, quel est le maximum connu ? et peut on améliorer cette valeur?
J'ai un chiffre en tête 1 g/kg/h (donc pour moi 71 kg c'est 71 g de glucide par heure, soit 284 Kcal / h *) qui peut confirmer ce chiffre ?

* 1 g de glucides apporte 4 kcal (soit 16,8 kJ)

le but est qu'en sachant qu'il me faut 12 à 15 kcal/h/kg pour couvrir mes besoins énergétique en course (soit entre 850 et 1065 kcal/h), c'est bcp plus que ce que je peux absorber mais pas de panique il y a de la réserve glucidique(chez un coureur de 70kg environ 600g de glycogène au total, mais seulement une partie est disponible pour les jambes ) et il y a la réserve lipidique théoriquement très grande. Mais si je peux optimiser mon absorption de glucides pour préserver les réserves autant le faire.

désolé pour les calculs

rappel (source : Riche guide nutritionnel des sports endurance, hypothese de poids de 70kg)
Cap 1050 kcal/h
crawl 700 - 850 (vitesse=2-3 km/h)
vélo 400 - 800 (vitesse = 25-35 km/h)

un autre de mes post:

J'ai eu FanchM d'onlinetri, qui m'a orienté vers Olaf (un triathlète pro qui a déjà gagné des Iron Man).
Olaf m'a confirmé que l'on peut bien aller au delà de cette valeur théorique de 1g/kg/h.
Il tourne lui_même à 130 g/h en course (et il ne pèse pas 130 kg!), il me précise qu'à 100 g/h il se cogne le mur au bout de 5-6h de course. (il doit faire 8h30 sur un IM..)
bref, moi avec mes 49 g/h en liquide (je dose à 70 g/l de maltodextrine et je bois max 0.7 l/h, c'est la valeur habituelle de la vidange gastrique), faut sérieusement que je repense mes besoins caloriques en solide.
Mais comment être sur d'assimiler les solides en étant déjà au max de la capacité d'absorption de liquide?
il va y avoir de l'expérimentation dans l'air...
Qui a déjà fait ce genre de calculs ( de dépense calorique) et expériences ?
(je sais prise de tête..)

Les réponses viennent rapidement et les éléments me permettent de progresser et c'est chez onlinetri que la lumière vint. Olaf Sabatschus (triathlète allemand de haut niveau) a échangé avec moi des emails détaillé de sa préparation de boisson énergétique perso....Osmolalité 280 mosl, des taux de 130g/h de glucides assimilés, autant de données qui me redonne le sourire car j'ai enfin en vue une station d'essence de super concentré assimilable. En effet l'astuce est de ne pas tomber dans le piège d'un mélange hypertonique qui viendrait vider le corps de son eau (voir plus haut).

Le Papy également s'est fendu de précieux conseils qui corroborent les mélanges d'Olaf. Je suis emballé, j'ai même acheté une balance pour doser au gramme près. Je vais commencer les expérimentations sur les courses avec différents dosage, je vais démarrer avec 120 g/l* au trail de la Sainte Victoire 2008.

Boire ou finir avec une aiguille dans le bras...le trail c'est la santé :twisted:

* actuellement(second semestre 2008) je ne dépasse pas les 110g/litre, avec ce dosage je dois éviter tout apport de sucre. Je prends un bidon d'eau pure ou sous dose pour éviter un potentiel souci de mélange hypertonique dues aux conditions de course.

Akuna

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Namaste ami(e)s traileurs,

Peut être n'ai je fait qu'effleurer la beauté d'une Nature éternelle. Je fus certes dans son ombre mais j'aime à croire qu'une part de sa lumière a touché mes sens.

UTMB 2008 (140) Un peu avant le col de la Seigne, à la fin de la première nuit, avant de plonger dans la lumière.

UTMB 2008 (145) Le col de la Seigne sous les rayons rasants de l'astre solaire.

UTMB 2008 (191) Dans la vallée, peu avant d'atteindre le lac Combal

Promenez vous si doucement que vous puissiez entendre  les sons les plus subtiles, en gardant vos facultés au repos.

Henry David Thoreau Journal 1837-1861, p68

UTMB 2008 (220) Le lac Combal, un petit bijou pictural

Il règne dans l'air une musique subtile pareille au chant des harpes éoliennes . J'entends des cors mélodieux qui résonnent sous les voutes lointaines des hautes régions de l'air, musique à donner aux hommes une folie divine, musique qui, du haut du ciel, vient mourir à nos oreilles. Pour des oreilles attentives, quelle harpe splendide est le monde! L'homme absorbé croit qu'au delà du chant du grillon rien ne peut être perçu, mais il existe une mélodie immortelle, que peuvent saisir le matin, à midi, la nuit, les oreilles qui savent ouïr, et parfois, tantôt un homme, tantôt un autre l'entend, parce qu'il a des oreilles faites pour la musique.

Henry David Thoreau Journal 1837-1861, p115

UTMB 2008 (224) 

En cette eau transparente et apparemment sans fond, reflétant les nuages, il me semblait flotter dans les airs comme dans un ballon, et leur nage me faisait l'impression de  vol ou de vol plané, comme si c'était une troupe compact d'oiseaux passant juste sous moi sur la droite ou sur la gauche, leur nageoires comme des voiles déployées tout autour d'eux.

 Henry David Thoreau Journal 1837-1861, Walden ou la vie dans les bois  p166

UTMB 2008 (235) en montant vers l'arête Favre

UTMB 2008 (274) en direction de Maison Vieille Checrouit, au loin le grand col ferret

UTMB 2008 (276) 

UTMB 2008 (324) Entre le refuge Bertone et Bonatti, sur un sentier en balcon.

UTMB 2008 (333) 

Si le jour et la nuit sont tels que vous les accueillez avec joie, et si la vie exhale un parfum comme des fleurs et des herbes odorantes , si elle est plus souple, plus étoilée, plus immortelle - c'est la votre succès. Toute la nature vous congratule, et vous avez un motif pour vous bénir à tout moment.

Henry David Thoreau Journal 1837-1861, Walden ou la vie dans les bois  p188

UTMB 2008 (336) 

UTMB 2008 (339) Dans la montée du grand col Ferret

UTMB 2008 (344) 

UTMB 2008 (350) 

UTMB 2008 (363) Le sommet du grand col Ferret

UTMB 2008 (364) 

UTMB 2008 (379) 

UTMB 2008 (381) Catogne

UTMB 2008 (384) 

 C'est quelque chose de pouvoir peindre un tableau précis, ou de sculpter une statue, et ainsi de créer de beaux objets; mais c'est de loin le plus glorieux de sculpter et de peindre l'atmosphère même et le milieu a travers nous regardons, ce que moralement nous pouvons faire. Affecter la qualité du jour, c'est l'art le plus élevé. Chaque homme est mis à l'épreuve pour rendre sa vie, même dans ces détails, digne de contemplation à ses heures les plus élevées et les plus critiques.

 Henry David Thoreau Journal 1837-1861, Walden ou la vie dans les bois  p78-79

 

Voir le monde dans un grain de sable

Et le paradis dans une fleur

Tenir l'infini dans la paume de sa main

Et l'éternité en une heure

William Blake

  1. Wonderland (Miss Fouly)
  2. the Friendship
  3. the Shrike thorn tree
  4. the shadow of beauty
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Manao ahoana ami(e)s trailers,

Avant de lire cet article allez voir ici la première partie

Tout baigne... Depuis la base de vie de Champex, le trio (formé depuis Arnuva) Vincent, Stéphane et moi savons que nous avons le bon rythme. A trois cerveaux, nous ne manquons pas de bien nous hydrater, se sustenter et même de planifier nos arrêts à la minute près au pit stop. Règle d'or, partir du ravito au moins 30 minutes avant la barrière d'élimination pour se réserver un matelas de minutes en cas de coup dur. Les 15 à 30 minutes d'avance servent au "free time", moi c'est plutôt du sommeil depuis que "wonderland" parasite ou embellit ma vision, de l'alimentation, Stéphane et Vincent recherchent prioritairement des massages.


Notre triumvirat est synchrone à la fois en montée, ou nous sommes puissants et réguliers, au contraire de la descente ou nos blessures respectives rejaillissent et brident malignement notre allure. Cela fait 12h maintenant que je marche sous AINS, l'obscurité et l'effet antalgique, à l'unisson, commencent à s'effacer peu à peu. Malgré cela l'humeur est bonne car, tel un convoi lancé sur des rails, il n'y a pas de défaillance morale à l'horizon. Reste à gérer le physique, mais à priori tout les trois nous sommes convaincus de la réussite de l'expédition...

UTMB 2008 (398)
Damned! encore une barrière ...


Vallorcine, 10h10 de dimanche matin, près d'une heure d'avance sur les barrières. Le ballet continue, boire manger dormir ne serait ce que 5 minutes... Tibichique, Francoise, Papet et ...Papatrail sont là, ils nous encouragent, nous dorlotent...que d'espoirs, fondés ou non, placés en nous. Cela me rend euphorique, et très, trop ?, optimiste.

Jacqueline s'enquiert de mon genou, je lui dit que la douleur est présente seulement en descente, assez tolérable. Elle me propose de reprendre de l'ibuprofène, chose que je refuse poliment. 17 km à tenir, cela me parait faisable malgré l'ajout de la dernière difficulté du jour la superbe montée de la Flégère.

Avant de passer le col des Montets, nous nous faisons déposer par des randonneurs avec leur sac de 15 kg sur le dos, une équipe de la PTL (La Petite Trotte à Léon, 250km 18 000 mD+)!  Nous soufflons avec respect et essayons de profiter de leur aspiration sentant bon l'expérience et l'esprit originel de l'ultratrail.

UTMB 2008 (408) 

Tandis que Papatrail, tel un cabris ressuscité, nous devance dans la single technique de la Flégère, notre trio remet les gaz comme dans Bovine 13m/min c'est inespéré. Nous prenons le temps de savourer la vue superbe, même si tout d'un coup, les coureurs tassés depuis une nuit par l'épée de Damoclès, engorgent le single technique et pictural de la Flégere. Cette pause fut un régal pour les yeux et l'esprit, un moment fugace ou l'objectif d'avancer sans comprendre n'existait plus.

UTMB 2008 (418)

UTMB 2008 (423)

 

 UTMB 2008 (429)

Un picotement, un doute, un genou...trois détails qui fêlent la bulle de lumière et d'espoir qui m'habite. Bienheureux les fêlés car ils laissent passer la lumière...un proverbe bien connu sur l'UTMB. J'ai l'impression inverse ici, je rentre brusquement dans un monde plus sauvage, sombre et dur, les derniers mètres de l'ascension sont pénibles et anxiogènes. C'est la première fois, que je souffre tant dans une montée, j'appréhende la descente. Pour le moment, notre trio fait des calculs mentaux sur notre allure et Stéphane réalise à tort ou à raison que nous sommes un peu court (sic). Notre belle unité explose en plein vol, car je n'ai même pas le temps de lui expliquer mon combat intérieur, il s'envole littéralement, poussé par une volonté irrépressible d'en finir dans les temps. Je suis circonspect sur notre matelas de minutes envolées, je ne nous vois pas hors du rythme.

Vincent ne peut que constater les dégâts, sur le chemin en balcon, je n'arrive pas a courir, je suis sur une jambe, mon visage est ponctué de rictus. Je lui avoue que ce n'est pas la peine de m'attendre. Je lis dans ses yeux le remord de laisser un compagnon en galère, qui par ailleurs, les avait tiré lors de l'ascension du grand col ferret.

A force d'insister, il cède, me laissant seul avec ma frustration. Je me sens tel un gosse à qui l'on a enlevé une glace juste sous son nez. Il me reste 9 km à couvrir en 3h dont une grosse partie en descente, à tête reposée cela parait faisable mais le temps et distance semblent se replier sur eux même et font des nœuds dans ma conscience. Je rentre dans un monde un peu effrayant à mon gout.


UTMB 2008 (436)

 Au loin la Flegere, dernière photo avant la zone du combat intérieur

 

 

QUI ES TU ?

DOULEUR, je ne te céderai pas, vois ! je marche, je cours et je te méprise...

JE SUIS LE GRITCHE

une vague sourde, profonde et puissante me remplit l'échine, un rideau de plomb s'abat sur mes sens.

PITIÉ...

je supplie la douleur de s'arrêter mais, telle une cage aux barreaux épineux, ou que j'aille elle m'entoure et m'étreint. Je suis sur le bas coté, tête baissée comme dans une prière muette, des phosphènes plein les yeux, à attendre le reflux de la marée. Je vois la Flégère au loin, mais simultanément je vois aussi l'océan de douleur et les vagues à affronter. Je suis abattu, anéanti par la peur de devoir affronter le gritche: seigneur de la douleur (shrike * en anglais), et de devenir un de ses trophées embrochés vivant sur les branches de l'arbre ultime.

J'ai juste envie de pleurer de dépit, d'arrêter ici, tout m'était promis et la course m'a tout repris. Je repense à Dawa Sherpa et sa philosophie de s'arrêter quand le corps ne veut plus. Hélas, je n'ai pas encore sa sagesse. Je repense aux abandons de Papatrail et à tous nos formidables supporters. Après le temps de l'apitoiement du petit enfant viens le temps du guerrier, de l'homme préhistorique, la colère, la révolte submergent le moi civilisé et affable qui domine habituellement. L'adrénaline afflux, et me porte au combat intérieur, mon champ de vision et pensée se resserrent. La douleur sourde a depuis longtemps envahi tout mon genou, ma colère me permet de surnager en me maintient à flot. Cette colère déborde à l'extérieur, je suis extrêmement agressif, prêt à charger sur la moindre contrariété qui empêcherait ma progression ou qui détournerait la douleur vers une autre partie de mon corps.

Avais-je connaissance que je pourrais détruire irréversiblement mon articulation ? Je ne sais pas, peut être...
mais j'étais au delà de la raison, en territoire ou seuls de puissants sentiments simplistes issus du cerveau
limbique
survivent. Si ma casquette vissée sur le crane, cache mes yeux embués de larmes de colère, des rictus et grimaces défigurent ma face. Je me fais l'effet d'être une bête blessée en cage avec son bourreau. Mes bâtons sont de précieux alliés, je m'en sers comme béquilles et je ne pose quasiment pas le pied gauche par terre. Mon allure d'escargot asthmatique ne m'autorise aucun repos, cela va se jouer à quelques minutes.

Mes triceps sont en feu, alors je trottine quelques mètres en attendant que l'onde me couvre et me vrille le cerveau, ma rage, mon obsession de finir servent de brise vague. Enfin la descente, ou plutôt je devrais dire hélas, se servir des bâtons comme béquille est encore plus épuisant. Le temps file je crois, des coureurs semblent me passer, les sons extérieurs apparaissent étouffés. Je ne suis plus qu'une succession de gestes minimisant l'emprise du gritche. Le doute de ne pas pouvoir le faire s'immisce lentement mais surement. Mon portable n'arrête pas de sonner depuis 1h je viens de m'en rendre compte. C'est Jacqueline qui vent à ma rencontre, j'ai du mal a parler tellement je ne suis plus que sentiments contradictoires. J'ai peur de l'envoyer balader mais sa présence m'appuiera certainement. J'essaye de lui expliquer la situation, je crois que j'arrive à m'exprimer au bout de plusieurs tentatives...

 Elle prend la bonne décision et vient à ma rencontre, la jonction est faite à mi pente. Je sens que je vais être hors délai. Je dois prendre des précautions énormes pour parler, répondre à Tibichique sans crier, j'ai tous les capteurs saturés et le moi affable doit maitriser sans cesse le moi animal du cerveau limbique en prise direct avec mes nerfs en pelotes. Ma kiné se révèle une précieuse conseillère en m'indiquant de descendre en arrière...

 En arrière ? bon sang je tenterai même de marcher sur les mains pour échapper au gritche.  Miracle, marcher en arrière me fait avancer vers mon but et reculer dans le temps. Un temps si proche et si loin à la fois, ou la douleur n'obscurcissait pas mon esprit. Bénie sois tu Tibichique ! Le combat, la peur, l'attente des vagues brulantes ne sont plus. Je peux enfin penser clairement, libre de ces sombres sentiments. Je revis, je vois des gens et non plus de vagues silhouettes, j'arrive sur la partie bitumée... Je n'y crois pas je vais arriver dans les délais, le coup de fil du dingo m'encourage et me dit qu'il y a des chances que je finisse sur l'estrade.

 Serait ce les réminiscences de mon expiation sur l'arbre de la douleur ? Toujours est il que je n'ai pas envie de voir la foule et encore moins l'estrade. C'est tellement éloigné, étranger au combat intérieur de ces dernières heure, j'en suis sorti lessivé, impossible de sourire ou d'exprimer tout sentiment. Une idée folle me prend ..si je continuai de l'autre coté de Chamonix ? J'ai juste envie de panser/penser mes blessures...

Mais évidemment, la foule ferait chavirer les cœurs des plus endurcis, et même les plus anesthésiés comme mon cas. Ce fut comme dans un rêve lointain, je me vois tel un automate dans cette grande ligne droite, acclamé par une foule tel un héros moderne, lançant quelques signes de la main. J'ai le sentiment d'être vraiment à coté de la plaque, mon esprit est ailleurs..... encore dans l'ombre de la beauté j'imagine. Temps total 45h45, à 15 minutes près....P...n de gritche!

Photo_de_GrosNec_1 

UTMB 2008 grosnec_1 

 [La suite dans the shadow of beauty...]

 * le Shrike, est un homonyme de pie-grièche, en français, qui est un oiseau de la famille des laniidae (la racine latine signifiant boucher) qui ont l'habitude d'empaler leurs proies sur des épines ou des branches pointues d'arbustes avant de les manger, exactement comme le monstre du roman.

  1. Wonderland (Miss Fouly)
  2. the Friendship
  3. the Shrike thorn tree
  4. the shadow of beauty

 Une sélection d'images commentées sur la galerie flash pour une lecture, non plus thématique, mais plus chronologique.

Akuna

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Hej ami(e)s traileurs,

avant de lire cet article allez voir ici la première partie

 

I see friends shaking hands, they really say ...Papatrail, le surnom d'un bon ami, et c'est la quatrième fois d'affilée que le Mont Blanc se refuse à lui, le laissant désemparé et fataliste à ses multiples pieds. Pour ma part, je me sens téméraire tel un rookie écervelé, pour ma première participation je le sens dans mes tripes, la victoire sera mienne. Si ce sentiment, par capillarité, pouvait donner du cœur à Papatrail, ce serait un atout précieux dans le grand huit moral qui nous attend tous les deux.

Nous nous sommes préparés dans le fief de Pagnol du coté d'Aubagne, une stratégie finement élaborée est sortie de nos balades aux senteurs provençales. Nous décidons de partir sur une base de 40 heures pour boucler ce tour, sachant qu'à cette allure les barrières horaires, calées pour un temps maximum de 46 heures, ne nous importuneraient pas psychologiquement parlant.

L'autre point important était de bien identifier nos forces et faiblesses, nous devrions être de force égales lors des montées, par contre Papatrail est nationalement connu pour ses descentes de cabris (ou son poids plume fait toujours merveille). Par conséquent nous décidons de nous attendre mutuellement lors des descentes (le premier au sommet descend tranquille pendant que l'autre revient au train). Nous sommes bien conscients que cette stratégie pourrait et devrait nous pénaliser par rapport à une course solitaire. Néanmoins c'est l'objectif, être l'un pour l'autre la boussole morale durant l'épreuve ou tout du moins jusqu'à Courmayeur (Piedmont,Italie). La première nuit est sous le signe de la prudence tant les pièges sont nombreux (mauvaise gestion de l'hydratation, de la digestion, blessure, manque de sommeil...). Bref, objectif de garder le "coco" et le "Modjo".

 Pour se reconnaitre durant la nuit (quoi de plus anonyme qu'un traileur avec une lampe frontale la nuit!) j'ai une LED rouge clignotante attachée à l'arrière de mon sac salomon. D'autres, tels un sapin de noël, ont poussé le concept à l'extrême en arborant de véritable guirlande de diodes écarlates sur leur sac.

Comme chaque année la musique de Christophe Collomb (Vangelis- Conquest Of Paradise) retentit et nous prend au cœur.

 

 

 

 Catherine Poletti, le directeur de course sait toucher l'esprit et l'âme du coureur. Pendant des années, elle et son mari ont porté haut les valeurs qui caractérisent l'esprit trail (écologie, esprit sportif, compétition...). Et maintenant le flot des traileurs s'écoule telle une rivière dans les rues de Chamonix, la foule de spectateurs accompagnant en rythme la musique enivrante de Vangelis.

De nombreux amis coureurs ou spectateurs sont ici, leur applaudissements galvanisent nos pas. L'adrénaline, toute la tension accumulée par les coureurs depuis la rocambolesque ruée aux inscription de janvier dernier trouve un exutoire pendant ces quelques minutes un peu folles. Je suis un peu perdu, j' ai un visuel épisodique sur Papatrail, vivement que l'on quitte le troupeau pour être à notre rythme.

Je suis surpris par la nature du chemin en ce début de tour, beaucoup trop de route bitumée à mon gout. Je commence enfin à m'échauffer, la plupart des traileurs autour de moi courent continuellement même dans les montées. Je me limite à ne pas dépasser une frontière virtuelle au cardio fréquencemètre, et tiens scrupuleusement une hydratation (500 ml par heure). Autant d'actions qui se révéleront payantes des heures plus tard contrairement aux traileurs, qui trop enthousiastes, gaspillent des cartouches inutilement dans le feu de l'action.

UTMB 2008 (89)

Je rattrape Iza des Ufos

UTMB 2008 (92) 

La température, déjà trop élevée malgré l'heure tardive (19h), déclenche un ballet de déshabillage vaudevillesque. Mais bientôt les rayons de soleil léchant le sommet du mont blanc se retirent et la lumière, telle une traînée de poudre, s'invite dans nos lampes frontales. Si nos têtes portent la lumière, nos visages ne montreront plus quelque expression que ce soit: joie, fatigue, détresse ou peur. Tout juste entendrons nous de nos voisins des respirations rauques dues à l'effort, ou le bruit clinquant des bâtons touchant le sol.

 

 Le pit stop de Saint Gervais crève trop vite la bulle d'obscurité paradoxalement rassurante, de la couleur, des bruits nous éveillent à la réalité: nous sommes bel et bien au centre d'un évènement de grande ampleur, l'accueil, la ferveur de la foule me font penser au tour de France cycliste !

 

 Entre ces oasis de réalité, nous sommes dans un tunnel d'espoirs, de pensées et de rêves. Un rêve qui deviendra certes réalité à l'entrée de Chamonix dans quelques heures voire jours pour certains! Papatrail et moi sommes accompagnés par Tibichique,Françoise et Papet, leur présence constitue une aide morale très importante dans ces oasis. Elles nous tiennent au courant des uns et des autres et marchent brièvement à nos cotés. Elles mêmes, accompagnées de Papet, auront la tache ardue de nous suivre durant ce périple à travers les trois pays, et accompagnateurs cela représente une épreuve en soi, j'en sais quelque chose !

 Pour le moment, notre tactique fonctionne correctement. Papatrail m'attend au niveau des ravitos et des descentes. La via romana (et son éclairage pittoresque), la Balme et son feu de bois sont avalées sans coup férir, notre duo prend son rythme de croisière. Nous avons trouvé notre place dans le flot lumineux et grimpons à près de 13m/min. 

 

 

  Il est 1h15 du matin, pendant que des traileurs se réchauffent près du feu, (hum c'est plutôt le piège à éviter amha...), nous sommes pile dans l'allure de notre plan de marche (encore une fois merci Rémi notre grand calculateur d'allure).

UTMB 2008 (101) 

Tout baigne, la température cette nuit est clémente, un ciel étoilé semble accueillir affectueusement ce long serpentin lumineux qui s'étire au fur et à mesure du temps qui passe. Je suis ni en pleine forme ni à la rue, entre deux eaux, un peu dans de la ouate comme dirait une chanteuse...Mais en direction du col du Bonhomme, au niveau de la croix du même nom, une gêne au genou gauche externe commence à me faire douter, grrr même pas 40 km ! La mort dans l'âme, j'annonce à mon compagnon qu'il est préférable de continuer seul et que je compte m'arrêter quelques instants ici pour prendre ce que me propose le médecin puis, après la longue descente depuis le Bonhomme, de me faire strapper à l'infirmerie des Chapieux . En effet, si la douleur est largement tolérable, rien ne sert de courir sur du fragilisé, pas à plus de 120 km de l'arrivée...Cependant j'ai la ferme intention de le rattraper des les soins effectués ! Voila un premier accroc dans notre plan, s'il était attendu, cette précoce entrée dans la galère promet une sacrée partie de manivelles.

 Dans la descente assez technique, ma fidèle Led lenser n'est guère vaillante, son halo diminue dangereusement (j'aurai du prendre des piles neuves..), me laissant deviner plus que voir la topologie des lieux, je quitte plusieurs fois la trace et ce qui devait arriver arriva, je me tords violemment la cheville....J'hurle non pas de douleur (si un peu) mais surtout de frustration (tout déraille vindiou), je m'invective de tous les noms. Heureusement qu'il n'y avait personne aux alentours, c'eût été comique...Mon courroux a pour mérite de me réveiller intellectuellement parlant, je réfléchis et prends la bonne décision: arrêter de faire le bozzo ! Donc c'est: changement de pile pour ma frontale (comment fait on pour changer ses piles dans l'obscurité?...Ouf ma led rouge sur mon camelback ;)), ravitaillement personnel et prise de risque minimum dans cette descente.

UTMB 2008 (105) 

J'arrive aux Chapieux, je troque mon ancien jeu de pile pour un neuf (merci au stand...Petzl), c'est pas encore le temps de la soupe, il me faut plus qu'un médoc pour effacer la gène et espérer tenir, direction l'infirmerie. Le chrono file et je doute de pouvoir rattraper le temps perdu sur mon acolyte. On verra bien.

 

 Je prends tout de même une soupe, ou plutôt deux soupes car la première fut renversée sur les jambes, ah je constate que l'esprit de Bozo me hante encore...

Les traileurs se réchauffent de nouveau près du beau feu, chaud, accueillant...il est 4h30 du matin (barrière horaire 6h15). La tentation est forte mais c'est que j'ai toujours un Papatrail à rattraper. C'est le mors aux dents que je recommence cette partie de chasse-patate. Bonne nouvelle le strapping et le paracétamol sont efficaces, je ne ressens aucune douleur. La nuit m'enveloppe, mon esprit est focalisé sur un seul but, reconstituer le binôme au plus vite!

UTMB 2008 (112) 

 Graduellement, l'aube naissante ajoute des couleurs aux montagnes environnante, mais c'est justement cela qui me fait prendre conscience de la fatigue nerveuse accumulée, mes yeux ont du mal à accommoder. Il est temps de faire un sommeil flash, je m'isole derrière une bâtisse abandonnée au pied de la montée menant au col de Seigne pour dormir ...5 minutes. Dormir est un bien grand mot car c'est juste débrancher le centre d'attention suffisamment longtemps pour repartir de plus belle. Effectivement cela marche impeccable, je suis beaucoup plus alerte et remonte allègrement de nombreux concurrents.

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 Je retrouve un Cyril à la dérive, bien loin de son niveau réel, on essaye de faire un bout de chemin ensemble mais il est cuit physiquement. Décidément le long ne lui réussit vraiment pas pour le moment, il va aller le plus loin possible au courage (ce sera Courmayeur). Contrairement à lui je suis vraiment en forme, je double continuellement et espère bien revenir sur Papatrail dans peu de temps. Il est 7h, la vue, soleil levant, depuis le col de la Seigne est sublime, je distingue toute la vallée jusqu'à l'arête Favre et on devine  à l'horizon le grand col ferret. 

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 La descente vers le lac Combal est un ravissement pour les yeux, je prends des photos à tire larigot. D'un point de vue photographique, le meilleur spot de toute la course ! J'en oublie presque ma poursuite sur le moment.

UTMB 2008 (192)
 

Le lac Combal est juste fantastique ici et maintenant, l'hélicoptère au dessus de nous en témoigne. Je prends des clichés et profite de cet instant pour emmagasiner ce présent de tous mes sens. (un état ressource, ancrage style PNL à utiliser pour plus tard). J'ai l'impression de vivre un moment exceptionnel !

UTMB 2008 (221) 

 Peu après débute de la montée vers l'arête Mont Favre , je vois clairement un minuscule point jaune:  la tente de l'organisation visible à des kilomètres nous rappelle que c'est un défi permanent, et que nous marchons sur le fil du rasoir. Un pas de travers et cette tendinite du genou risque de m'emporter vers l'abandon. Toujours pas de Papatrail, pourtant je ne chôme pas, je suis revenu à 30 minutes de notre plan de marche initial et je stagne à ce niveau. Les portables ne passent pas bien, je n'arrive pas à le joindre. 

En arrivant près de l'arête Favre, Grosnec (photographe professionnel et accessoirement kikoureur) me tire le portrait.

UTMB 2008 grosnec 

 Toujours pas de Papatrail, et toujours scotché à 30-45 minutes du plan de marche, mais je reste optimiste car mon strapping me permet de ne pas trop souffrir. Je redescend sur le col checrouit en espérant ne pas y trouver un papatrail à l'arrêt (c'était l'endroit de son abandon l'an dernier). C'est rageant de se savoir pas trop loin sans pouvoir se joindre, d'autant plus que je sais pertinemment que c'est la première nuit qui constitue son point faible (rétrospectivement j'aurais du demander aux pointages traverses sa dernière position, toujours un peu bozo...).

UTMB 2008 (274) 

 Tout au fond à cette heure (9h30), le grand col Ferret, Kilian Jornet le futur vainqueur,  doit finir de le grimper. Je croise Sam le girafon (Ufo), il commence sa longue remontée au classement. Col Checrouit est atteint sans souci notable, je poursuis dans ma lancée, désespérant un peu de ne pouvoir faire la jonction. A Courmayeur, point d'Antranik , je vise un temps de transition optimisé. Hélas, malgré tout mes efforts le changement de strapping, changement de sac, remplissage du melange caloreen, changement de chaussures et ravitaillement de pâtes, je passe énormément de temps (40-45 min). Tout cela me stresse et je ne suis pas zen. Je sais que l'Dingo (faisant équipe avec L'Blueb) n'est pas loin, j'ai bien la tentation de repartir avec eux mais on ne laisse pas tomber son "wingman". 

En sortant de Courmayeur, je retrouve Jacqueline et Françoise. Elle m'apprenne que Papatrail n'est pas arrivé ? Bozo que je suis, j'ai du le doubler sur un ravitaillement ! Quel coup du sort, bref je vais l'attendre ici. Jacqueline observe mon impressionnant bandage qui a nettement plus fier allure qu'au Chapieux (merci aux kinés et docs de l'organisation impeccable à tous points de vue). Elle me donne un anti inflammatoire pour contrer la douleur, dans ces conditions il faut faire extrêmement attention sur les médicaments, notamment les AINS, d'ailleurs ils ne sont pas donnés par les médecins de l'organisation. Il faut continuer à bien s'alimenter et bien boire, la suppression des messages de la douleur n'implique pas du tout la disparition de la cause. Par conséquent, je décide d'être très prudent sur ce genou et de volontairement être en dedans. Je bois toujours autant mais j'urine de moins en moins signe que la chaleur de midi est redoutable à présent.

Enfin Papatrail nous rejoint, il ne s'attarde pas à Courmayeur et préfère une pause prolongée du coté de Bertone. Mais avant il y a la montée du même nom, violente bien qu'ombragée, elle est cruelle avec les traileurs en difficulté. C'est le cas d'Antranik malheureusement, diantre, il se traine...Je rumine sur l'enchainement malchanceux qui nous a séparé, si j'avais été avec lui cette nuit j'aurai peut être pu voir si il avait fait quelques fautes d'alimentation ou autre. Avec des "si"...Jacqueline et Françoise prennent de l'avance sur nous et montent sur Bertone également.

UTMB 2008 (302) 

 Arrivés sur Bertone, c'est un peu l'hallali...on commence à être un peu court au niveau délai, mais si une pause il y a, ici cela le fera bien. Jacqueline masse Papatrail et propose ses services à d'autres traileurs étonnés d'avoir une kiné à cet endroit, Papatrail pique un somme, mais il n'arrive toujours pas à avaler le moindre aliment solide (rejet) et la boisson passe à peine. J'ai un mauvais feeling, sans carburant l'affaire est pliée, impossible de finir. Donc repos obligatoire jusqu'à l'extrême limite horaire puis tentative d'assimilation de carburant de nouveau.

 UTMB 2008 (308)

L'Dingo et l'Blueb ont le même dilemme, L'Dingo lui, est encore plus mal que Papatrail tandis que l'Blueb est en pleine forme. A 30 minutes de la barrière, nous nous mettons en route vers le refuge Bonatti, c'est souvent de la marche pourtant sur ce sentier en balcon. Je pourrai courir mais je sais que ma présence motive Anranik dans son baroud d'honneur.

 UTMB 2008 (318)

 Antranik est en difficulté depuis trop longtemps, à la faveur d'un mouillage de casquette dans une source, il m'avoue sa volonté d'en finir, plus d'énergie, plus d'envie, plus de Modjo. Je n'insiste pas trop car il lit dans mon regard la tristesse et aussi la réalité des choses: impossible d'aller plus loin sans s'alimenter. Avec les barrières horaires se rapprochant, il ne veut sans doute pas que je sois éliminé en l'attendant. Alors je me dis que je finirai pour lui, c'est le moins que je puisse faire. L'amitié est un puissant motivateur, et j'en aurai bien besoin pour affronter le shrike thorn tree (i.e. l'arbre de la douleur)...tout un programme!

 UTMB 2008 antranik_1

[La suite dans le chapitre du Shrike thorn tree....]

 

  1. Wonderland (Miss Fouly)
  2. the Friendship
  3. the Shrike thorn tree
  4. the shadow of beauty

Akuna

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Jambo ami(e)s traileurs,

avant de lire cet article allez voir ici la première partie

Wonderland and Miss Delirium.....! (cet article est paru dans UFO magazine dans un dossier spécial UTMB)

 Où commença le conciliabule ? Peu avant le col de la Seigne au sortir d'une nuit étoilée ou bien après la Fouly au moment ou tous les chats deviennent gris? Je suis dégrisé désormais, de nouveau je peux parler et voir d'un seul tenant. Plus besoin d'un parlement démocratique intérieur exprimant une pensée, non, des cheminements de pensées parallèles. 

Tel un frêle esquif posé sur un lac calme et plat sous un ciel azur, je fais des va-et-vient à l'interface eau/air de ma perception. Le ciel symbolise mon ouverture sur le monde extérieur, utile autant pour se ressourcer de la beauté des paysages, que de prendre des photos (mon obsession). L'univers sous marin du lac symbolise ma concentration sur le monde intérieur, indispensable mode d'écoute du corps. 

Si le le premier jour du tour du mont blanc est qualifié de physique, alors la seconde nuit est juste méta-physique. La Fouly, drôle de nom pour une nuit de folie...Mais ça je ne le sais pas encore.  

[....]

Exit, tarie, finie est ma source de beauté, je passe en mode de couleurs dégradées sous le faisceau blafard de ma frontale. Je ne suis plus seul dans ma barquette marseillaise, Stéphane et Vincent, mes opportunistes galériens, seront mes ancres avec le monde extérieur. Ouf, la dualité est préservée, mais il faut croire que Miss Fo(u)ly a une vision plus complexe que mon mode en dichotomie mineure. Si la miss était une danse je dirais une valse, ou alors un derviche tourneur pour l'agréable vertige procuré.  

 

 

 

Derrière Vincent, je trouve le temps long...le nouveau tracé à travers bois vers la Fouly m'impatiente. Nous tournicotons sans voir âme qui vive ou même apercevoir une trace de civilisation. Nos conversations semblent elles mêmes tourner en rond et finissent par s'espacer. Mon attention est, malgré moi, captivée par les bandes réfléchissantes des chaussures de mon prédécesseur. Ces bandes décrivent des arabesques lumineuses compliquées, mes yeux ont du mal à faire le point, à accommoder. Je reste hypnotisé par ce ballet improvisé.

J'aimerai tant pouvoir fermer les yeux, revenir sur ce lac calme, plat et bien agencé. Mais je ne veux point perdre mes compagnons, mes ancres. 

Alors je maintiens un minimum de conscience afin de ne pas surcharger d'information un cerveau déjà très fatigué, le centre gérant l'équilibre est le premier à valser, malgré les bâtons je constate que dans les monotraces rectilignes je suis gauche et dois constamment planter mon bâton afin de ne pas tomber. Hasard ou coïncidence mes amis semblent frappés du même syndrome (coté gauche encore, à force de tourner à gauche du mont Blanc..). 

A ce moment là, je prie qu'il se passe quelque chose pour me sortir de cette torpeur, de ce "no brain's land", de cet univers ouaté mais fade. Les ravitos, les gens, les bruits sont des ilots formidables qui éveillent mes sens atrophiés. Las, mis à part la montée de Bovines, ludique par ses changements de rythme, je m'éteins peu à peu et titube de plus en plus.  

Serait ce les pas de danse de la miss venant rider ce lac trop lisse et policé de ma conscience ? Ces ondulations viennent bouger mon esquif. Je commence à mélanger l'intérieur et l'extérieur, insidieusement, sans m'en rendre compte. Avant d'arriver à Trient, peu après le col de la Forclaz, je trouve vraiment sympa les gens du coin d'avoir décoré les pierres qui ornent le chemin monotrace. Visiblement l'effort est louable même si les rochers ont l'air repeints par des enfants: vélos, fleurs dans un style plutôt rupestre voir préhistorique. Pendant une grande partie de la descente, je ne tarissais pas d'éloges sur l'intelligence touristique des hauts savoyards. C'est vrai que c'est trop sympa, je suis sidéré et tout est si gentil... 

J'en oublie d'en parler à mes "ancres" tellement je suis émerveillé par ce que je vois, j'ai un peu de désapprobation quant à la quantité de pierres repeintes, quel travail ! J'espère que l'instituteur n'a pas fait trop de zèle en imposant trop d'efforts à sa classe de minots. Bref, non seulement je ne m'endors plus mais je me sens revigoré c'est tant mimi... 

Tiens? Un obstacle au milieu de la monotrace, ce n'est pas un rocher comme j'aurai cru mais une petite crèche avec des figurines de personnages jaunes et des animaux rouges. c'est d'un détail et d'une minutie inégalée, et dire que j'ai vu cela en une fraction de seconde...

Ah Miss Fo(u)ly! Tu aurais dû en rester là, je serai bien resté à wonderland un peu plus longtemps. Mais là me faire gober une crèche en couleur la nuit... 

A partir de ce moment là, les hallucinations...eh oui!....continuent de plus belle, mais je (nous ? Miss Chamonix) fais l'effort de fixer une seconde de plus le fruit de mon imagination. Tel un morphing dans un film d'effet spéciaux, l'objet onirique reprend sa nature réel. C'est assez fantastique de voir fugacement au travers les yeux de son imagination, fut elle enfantine. J'ai continué à voir des hallucinations même tard dans la journée, et je m'en suis accommodé fort bien (il faut juste que les hallucinations n'aient pas trop l'air de la réalité !!). 

Mais le plus étonnant à mon goût, c'est vraiment le mélange imaginaire réel qui se reflète dans le schéma de pensée en plus de la vision. Dans mes discussions d'après course, j'ai eu cette dichotomie enfant émerveillé / adulte contrôle, certains UFOs pourront en témoigner. Au final, Je ne sais pas si c'est compréhensible de parler à deux voix, toutefois j'avais le sentiment d'avoir une créativité débordante. 

Ah! Cette deuxième nuit de l'UTMB, Miss Fo(u)ly une autre valse ?

 [la suite dans Friends...]

  1. Wonderland (Miss Fouly)
  2. the Friendship
  3. the Shrike thorn tree
  4. the shadow of beauty

 

Akuna

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Guten Tag ami(e)s traileurs,

(NDLR l'UT2M c'est ça)

Voir avant la première partie de l'UT2M Montredon - Port de Cassis par Pierre K.

Hier, nos voisins bordelais subissent une des pire tempête depuis des décades. Klaus vient même jusqu'à lécher de ses rafales notre belle Provence durant la nuit. Mais c'est avec surprise que ce matin au bord du terrain de boules situe sur le vieux port de Cassis, nous avons un temps frais, sec sans vent.

Nous sommes une vingtaine environ sur cette partie peu connue, environ la moitié ira jusqu'au col de l'Ange du cote de Cuges les pins, l'autre ira au bout en prolongeant la balade a travers la Sainte Baume, reprenant le parcours de l'ancien trail de la Sainte Baume 2008, pour arriver au prieure de Saint Jean de Gargruier.

Voila pour l'introduction, mais en fait avec l'image et le son c'est pas mal non plus...


[....]


La première cote menant aux crêtes vers la Ciotat est ...ardue. Autrefois il y avait un panneau de signalisation qui indiquait un improbable 30%. Je monte cette cote parfois a vélo debout sur les pédales en priant de ne pas tomber sur le cote!

Rapidement, nous nous élevons vers le Bau de la Saoupe (lieu connu pour apercevoir le massif du Canigou dans les Pyrénées orientales grâce à un mirage atmosphérique). Nous dominons Cassis, et nous nous réchauffons agréablement sous les rayons d'un soleil plutôt aux abonnes absent ces temps ci.

Le rythme de course est ni trop rapide ni trop lent, ponctue de pauses touristiques , suivez le guide Pierre K. :





On a quand même couru, las, j'ai joué l'étourdi et du coup c'est moi qui ai endossé le rôle de la victime expiatoire du groupe, j'ai attiré la malédiction du traileur: la foulure de cheville...Du coup mon périple s'achève prématurément au col de l'ange au pied de la sainte baume.

Comme prévu une dizaine de courageux iront au bout en 5h30 de course.

En attendant les photos de la seconde partie de la reco, les chiffres :

38,7 km et 1770 m+ temps de la sortie 5h30, lors du tour complet il faudra compter 1h de plus minimum


Les photos commentées de la galerie flash sont ici

La seconde partie de la reconnaissance (col de l'Ange - Saint Jean de Garguier) a été suivie par CIL (merci a lui) , voir sa galerie photos sur pikeo

Les photos du set UT2M sont la

Akuna

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Aloha ami(e)s traileurs,

De retour ici à Chamonix une nouvelle fois. Je me tiens debout, immobile, fixant cette ligne de départ. Je tire quelques photos des soit disant élites. J'ai l'air d'un cheveu sur la soupe, au milieu des cameramen professionnels, ou d'autres zoom d'une valeur de plusieurs milliers d'euros chacun. Mon petit APN fait bien amateur comme moi d'ailleurs au milieu de tous ces free lance. Après tout tant mieux, car je ne suis qu'un gars avec un truc pour la beauté de paysages.

UTMB 2008 (55)

UTMB 2008 (66)
 
 
 
UTMB 2008 (67)UTMB 2008 (68)


En mon for intérieur, je ne sais pas si je dois considérer cet événement comme une course. Les élites pourraient prétendre cela dans un certain sens, pourtant même parmi eux ils admettent qu'il y règne une atmosphère spéciale ou se mêle un respect mutuel mâtiné d'amitié et de compétition. Pour ma part je dirai que 166 km autour du mont Blanc, à travers trois pays, grimpant plus de 9500 m est plutôt un voyage, un défi personnel.

Tu m'étonnes ! Comment pouvais je imaginer à ce moment ce qui m'attendait, des sensations tellement opposées mais intimement imbriqués, autant de domaines explorés en une seule course. Je ne parle pas de géographie mais de sentiments sous-jacent qui remontèrent durant des conditions extraordinaires (d'après mes standards). Laissez moi vous présenter:  the shadow of beauty, the friendship, wonderland and the shrike thorn tree.

  1. Wonderland (Miss Fouly)
  2. the Friendship
  3. the Shrike thorn tree
  4. the shadow of beauty

 Tout d'abord, il faut comprendre que l'UTMB est considéré comme la Mecque de l'ultra trail. Une épreuve que l'on craint et envie pour sa légende (10% de finisher lors de la première édition cinq auparavant), et ce malgré l'avènement d'une tendance business, corollaire au succès, un peu envahissante. Je peux dire que j'apprécie mes courses solitaires dans les calanques près de Marseille, pourtant cela semble contradictoire à ma participation a cette grand messe.

UFO magazine m'a accordé un badge presse pour couvrir la course en tant que coureur-photographe. Une position privilégiée pour vivre les événements de l'intérieur et aussi de l'extérieur. Cette posture particulière se révélera t elle un avantage ou bien au contraire une difficulté ? Pourrais je avoir les deux ? Tel un électron se cachant jalousement dans un nuage quantique, sachant que nul physicien ne pourrait déterminer sa position et sa vitesse simultanément, la course va jouer insidieusement avec l'intérieur et extérieur de ma conscience...jusqu'à ?


[La suite chez Wonderland and Miss Delirium.....!]

Akuna

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