Le plat de résistance arrive sous la forme d'une montée sèche en direction du col de Bastanet (2500 m altitude). Les 25 premiers ont déjà basculé de l'autre coté...et toujours les nuages
qui nous bouchent la vue
. Pour la petite histoire, les
organisateurs ont pris un maximum de précautions quant au balisage et debalisage. C'est dans cette même fin de montée que Philippe (ouvreur parti avec 2 heures d'avance et quelques kilo de
rubalises, voir son récit ici) découvre qu'une main malveillante a enlevé les piquets de balises ...et les a replantés vers
un chemin a gauche menant vers un tombant. Je vous laisse le soin d'imaginer la stupidité d'un tel acte alors que la visibilité était réduite lors du passage des premiers. Philippe fait son
boulot, or quand les premiers arrivent a ce niveau (30 minutes plus tard)...extrait du récit de Niko
"Très vite, nous voilà dans le mur final du Col de Bastanet, au milieu de tous ces cailloux ... j'adore ! Le groupe hésite à
partir à gauche, mais je sais que le chemin est cairné à droite, donc nous restons sur l'itinéraire. Nous basculons. Je range mes bâtons. Je suis aux côtés de Régis, Patrick Bruni, Philippe
Verdier, et Gilbert Etchegoimberry. Chacun attaque sa descente, sans prise de risque, car le milieu est hostile ! Le temps de prendre quelques photos, et nous voilà de nouveau dans la purée
... "
Durant ce laps de temps, on soupçonne fortement encore cette main invisible d'avoir agit...Quel bachibouzouk
comme dirait le capitaine haddock.
Ha ! il me semble voir un point lumineux à travers le voile de nuages, je reste campé sur mes ergots à ce sommet. Bingo, le ciel se déchire nous livrant des bribes de paysages, un vrai
strip tease car nous n'avons jamais plus d'un quart de la vue complète. Dire que les premiers ne virent pas ce jeu coquin de dame nature.
Waouh, les montagnes sont hautes, il y a un lac en bas, non plusieurs ! Je me régale de voir un paysage si changeant au gré des caprices du vent et de la pression atmosphérique. Je me
tourne vers les coureurs grimpant au sommet et leur promet une vue exceptionnelle, je ne sais pas s'ils me croient tant la vallée qu'il viennent de parcourir reste ensuquée de nuages.
Toutes les bonnes choses ont une fin et une attaque de nuages en formation serrée vient me dégager de mon poste de sentinelle, je vais suivre une stratégie lumineuse lors de ce trail:
rester au soleil ! Au niveau de la multitude de lacs devinés depuis le col du Bastanet, le soleil décide de chauffer notre couenne ramollie par l'humidité.
Ça tombe à pic, c'est un des nombreux endroits magiques du parcours, et tomber dessus sans crier garde (because nuages joueurs) ne fait que renforcer la beauté de lieux .
Les MTC boys ont la banane
Nous sommes bel et bien au dessus d'une mer de nuages, et pour moi inutile de me presser. J'espère que plus le temps passe plus les rayons de soleil pourront faire "fondre" cette couche
blanchâtre de gouttelettes en suspension. Les paysages scéniques s'enchainent à une vitesse insensée, tantôt le soleil rasant donne une couleur chaude à l'écrin de montagne entourant un lac
bleu vert, tantôt une brume vient lécher le bord de lac comme si elle venait en reconnaissance avant de tout engloutir. Exceptionnel, c'est le terme exact a appliquer sur cette dizaine de
bornes du parcours.
J'ai beau attendre la mer de nuage
ne bouge pas d'un iota, tant pis quand faut y aller...Plouf ! Nous arrivons à Artigues, gros ultra ravitaillement (sucré, salé, soupe etc..) dans une maisonnette. J'ai la tête encore au
dessus des nuages et j'ai du mal à croire à ce temps humide et frais. J'ai hâte de prendre de la hauteur.
L'humidité, la brume décolorant, condensant l'eau autour de (et sur) nous, donnent un cachet étrange, feutré à l'atmosphère. Nous croisons des chevaux en liberté avec des cloches autour du
cou, des moutons à la toison bleue (peinturluré à la bombe, c'est pas des schtroumpfs ou des créatures du monde de Narnia non plus). Je me verrai bien avec mes compagnons du moment entrain
de rejouer les 10 petits nègres, bien croiser Jack Nicholson avec sa hache sorti tout droit de shining...mais par dessus tout cela me rappelle le film the others avec Nicole Kidman. Une histoire de fantome, brrrrr....
Nous montons vers le col de Sencours depuis longtemps, je lève les yeux mais impossible de voir quand cette montée se termine. Des coureurs sont déjà dans un état de fatigue avancée, je
cède quelques sporténine de ci de là, mais la plupart des traileurs gisant sur le bord de route sont simplement épuisés (hypoglycémie ou vomissements) je crois voir un mirage dans les
nuages sous la forme d'une tour blanche très pointue ?!
Tout le monde regarde ses pompes et se demande quand cela va se terminer, mon altimètre ne me sert pas à grand chose (pas le parcours en tête) et j'ai la flemme de sortir la carte IGN de
mon sac. La montée est terrible. Enfin nous sortons du cocon coton, et c'est pas trop ton ! Je réalise que c'est l'observatoire du pic du midi que
j'entrapercevais quelques minutes auparavant, la camisole c'est pour une autre fois.
Le soleil ça se mérite ici bas on dirait. Le ravitaillement fait du bien, et bien du monde lézarde avant de repartir de plus belle dans les nuages. Et on a bien fait car l'enchainement
jusqu'à Hautacam est un concentré de difficultés que j'ai rarement subi. Un conseil: Il faut absolument faire le plein de tous les niveaux (liquide, solide et moral) à cet endroit pour
espérer tenir.
C'est encore l'heure du bain de nuages ! Les cols s'enchainent, sans répit, point de platitudes échangées entre coureurs pourtant on en voudrait bien du plat. Peu avant le lac bleu ou
plutôt le lac invisible car même en le longeant on ne le voyait pas ou bien on pensait que c'était un bord de falaise à pic, la partie la plus technique du tracé nous attend.
Imaginez un couloir bien étroit, des dalles de pierre en devers parsemées de mousses mouillées de surcroit, une pente nécessitant un filin d'acier, le tout sur une bonne cinquantaine de
mètres. Le seul avantage c'est que l'on ne voit pas le vide (on est dans le brouillard)
.
C'était la séquence frisson, le col de Bareil et le col de la hourquette d'Ouscouacou (non ce n'est pas un juron du capitaine Haddock) sont franchis. La jauge à eau est sur la réserve
depuis trop longtemps pour moi. Plus de 3h50 pour faire seulement 17 km, or sur le papier cela ne paraissait pas si dur, et pourtant on passe la plupart du temps a plus de 1900 m. Hautacam
refuge des âmes a la dérive... je retrouve Tibichique au four et au moulin. Je ne peux rester ce cet endroit trop exposé aux intempéries, je gagne la base de vie de Villelongue et
j'attendrai sagement au chaud que Jacqueline finisse son tour de garde pour m'emmener à Luz St Sauveur.
La base de vie de Villelongue atteinte à 18h45, synonyme d'affaire de rechange et vrai repas, dommage pour le manque de douches, un tuyau d'arrosage est disponible pour les moins frileux.
Je retrouve Pascal qui ne prend aucun risque et arrête la à cause de son péroné.
La suite dans le prochain épisode
- comment porter la poisse aux autres
- comment décrire l'indescriptible
- comment se prendre pour un bon
- comment c'est bon d'en finir
Hola como estas ami(e)s traileurs,
A Villelongue, l'attente de tibichic se fait longue, je reprends trois fois des pâtes. Fait le tour des popotes avec Surfboy et Tiboug' chapeau la paille mais je m'ennuie un peu. Vraiment
bizarre cet état, la course est en suspend pour moi, un peu comme une course a étape, sauf que je suis le seul dans ce cas. Je fouine dans tous les sens, tourne en rond. Je tombe sur
Supersteph entrain de recharger ses accus
dans la tente des "morts" (ben oui, c'est la ou ils stockent les traileurs morts sur des lits de camp militaire).
Pascal, allongé sur un lit, a déjà pris place sous une couverture. Il attend comme moi Jacqueline qui devrait se pointer vers 22h ici. L'organisation, dans un premier temps, prévoit de
rapatrier les abandons sur la base de vie de Luz St Sauveur, puis dans un second temps une autre navette samedi à 5h du matin les acheminera jusqu'à l'arrivée à Vielle-Aure.
Bon après tout, Ti Boug' n'a pas tort, je vais suivre son exemple et nous voila comme deux petits vieux sous les couvertures. On pourrait se dire que l'ambiance est morne, mais point du
tout. Ti Boug et moi sommes en forme et on se marre vraiment bien sous la tente. Cela tranche avec les visages aux traits tirés arrivant au fur et a mesure dans la tente.
La nuit tombe, et nous on rigole comme des bossus, Supersteph est remonté comme un coucou après sa gigue techno-membres inférieurs. Sandrine arrive vers 21h, et je l'invite à nous
rejoindre sous la tente avec son plateau repas. Que n'avais je fais là ! Se joint à nous aussi la Castafiore (des Célestes belges), ben c'est reparti pour un tour, discussion sans fin dans
une bonne humeur surprenante. Franchement on dirait pas que tout ce beau monde vient de faire 65km sur et sous les nuages, et sous la pluie pour les derniers arrivants.
Supersteph du mode coucou est passé au mode terminator, il va tout exploser dans son sillage de cyborg. Las, il revient vers nous en disant que la course est neutralisée / arrêtée à partir
de Villelongue (ici). C'est vrai qu'il pleut beaucoup et la montée au Cabaliros (1800 m D+ d'un coup
) est un gros morceau, mais il n'y a point d'orage ? En
fait l'explication vient progressivement après les rumeurs les plus folles: tout le monde est entrain d'imploser à mi-pente vers le Turon de Bene (1550 m altitude). Hypoglycémie,
hypothermie, le poste médical de Turon de Bene est saturé et crie stop au PC course "arrêtez d'envoyer les gens au casse pipe ils tombent tous comme des mouches ici !" . Qui dit
chaine médicale saturée dit neutralisation de la course en attendant que les capacités de secours reviennent à la normale. En effet,toute organisation de course a une obligation de moyens
(et non de résultats) , c'était la bonne décision à prendre (de garantir des moyens de soins et rapatriement) .
La Castafiore et Sandrine bon pied bon œil
Je suis à moitié surpris car la difficulté col de Sencours - Hautacan a du puiser profondément dans les organismes. Et repartir de suite dans la nuit sous une pluie persistante réclame une
gestion antérieure prudente. Supersteph n'a plus la lueur rougeoyante du cyborg indestructible dans les yeux, comme beaucoup il gamberge et ne veut pas mettre sa santé en danger. Tout le
monde sent que la chaine médicale est sous flux tendu et qu'en cas de défaillance c'est presque sans filet. Il y a un flottement d'une bonne heure ou personne ne sait si la course va
reprendre. Finalement le go est donné sous condition. L'heure d'arrêt sera décomptée du chrono final.
Beaucoup de traileurs sont sortis mentalement de la course durant cette parenthèse, mais s'ils autorisent de nouveau les coureurs à partir cela signifie que les secours sont de nouveau
opérationnels. C'est un peu la psychose au sein du groupe, Supersteph a la patate en comparaison à d'autres qui sont partis auparavant en se disant tant pis si j'explose (alors qu'ils
étaient déjà bien cramés). Ti Boug' et moi encourageons Sandrine et la Castafiore pour continuer, on est pas trop crédible sous nos couvertures bien au chaud
. L'organisation décide de laisser partir les
coureurs de Villelongue s'ils passent devant un médecin (check up basique tension, lucidité...). Bizarrement cela fout encore plus les jetons aux coureurs indécis. Halala, le mauvais trip,
comme quoi le moral ça se joue à peu de choses. Bref, Supersteph comme nos deux belles vont rester bien au chaud dans la tente, le piège idéal quoi
. La prochaine fois je prend mon fouet et mon air martial, et ça va
pulser tidjoudenondidjou !
Jacqueline, tout juste sortie d'Hautacam sous un brouillard épais, nous délivre de la base de vie, direction Luz. On y croise Philippe Verdier qui repart avec la tête des mauvais jour
malgré sa bonne place provisoire (6eme), chute, matos défectueux...Alors cette nuit fut l'occasion de:
- dormir (sur un lit militaire)
- prendre des photos
- discuter avec les coureurs, bénévoles
- manger
C'est la séquence qui se reproduit 5 ou 6 fois et pas forcement dans le même ordre !
ci dessus Philippe, Guitoune au cote de Pascal et Tibichic qui s'octroie un bon sommeil réparateur, Tito le local pointe à la 13eme place vraiment super frais ! Il est passé en 80eme
position au col du Bastanet et il finira 6eme au scratch ...On se doutait qu'il allait faire un beau score ici vu la façon dont ils nous a tous pourri au tour du Off du Queyras. Oliv'BCA casse la baraque
également en étant dans les 50 premiers ici. Tounik et Langevine inséparables.
A les voir repartir, j'ai trop envie d'y aller mais je dois attendre le soleil, alors je me recouche...Des fois je trouve une tête connue a cote de moi allonge, alors je coasse quelques
bafouilles. Je trouve le temps long, quelques incidents émaillent le petit train train de mon attente, tel la seconde féminine qui arrive tout sourire mais qui enchaine soudainement
malaises vagaux comme des perles..abandon. Le troll arrive avec la navette de 6h, abandon à Cauterets plus de jus. Termite aussi est venu avec la navette, il s'est brulé les ailes au
Cabaliros suite à son jeu du chat et la souris avec les barrières horaires avant Villelongue.
Enfin l'heure d'y aller, je réveille tibichic, elle va prendre son tour de garde a Tournaboup (km 123, altitude 1460 m) bientôt . La météo est encore bouchée
. Je bouffe encore de la purée de pois en rongeant mon frein. Les
traileurs sont vraiment dans le dur à ce moment. La montée sur le col de Barege (km 131 altitude 2470 m) est vraiment très variée, j'arrête de maugréer et prend par ci par là une toile
d'araignée déformée par les gouttelettes de rosée, un gros rocher coloré le long d'un torrent. Si la vue ne porte pas loin, il faut juste découvrir les pépites du monde macroscopique qu'il
y a sous son nez.
Je rattrape pas mal de traileurs dont Tounik et le photographe Arnaud Begay (voir ses photos ici), mais surtout j'attrape sur
le coin de la gueule une scène quasi mystique. Le soleil fend la brume tel un brise glace, le halo lumineux devient un fin pinceau colorant la petite prairie terne dans laquelle j'évoluais.
De cette clarté blanche Jésus apparait marchant dans l'air entoure d'anges virevoltant et gazouillant
... La rosée matinale amplifiée par une nuit humide est
frappée de mille feux, ou que mon regard se pose la nature brille intensément de rayons diffractés multicolores, des volutes de brume s'élèvent du moindre brin d'herbe, les arbres fumants
au loin apparaissent comme sortir de terre par la volonté d'un tremblement de terre silencieux. Je n'en crois pas mes yeux, je prends des clichés qui malheureusement ne restituent en rien
la beauté éphémère de l'instant. L'œil humain surpasse encore les capteurs électroniques dans ces conditions. Quel fabuleux cadeau que me fait Dame nature ici.
Le soleil ! Enfin...je reste sérieusement sous le charme du moment passé, j'aurais beau revenir 100 fois ici, les conditions particulières de ce jour, à cet endroit, ne seront pas réunies.
Le col de Barege est un point remarquable du parcours, un point au delà duquel on peut raisonnablement penser à l'arrivée. J'attends patiemment ici (il est 10h) le temps que la mer de
nuages se retire avec la marée solaire...Je discute avec les bénévoles et la terrible nuit qui les a enserrés dans ses griffes froides, humides et venteuses. Les premiers sont passés de
nuit et n'auront eu que 2h de soleil sur le week end...
Vincent, notre ami de la Santamariccia, est un dur au mal. Le visage marqué par l'effort, il me répète inlassablement
que cette course est très dure, je le crois sans problème.
Ci dessus Stef34 qui fait bonne figure malgré son manque flagrant d'entrainement, Daniel me dit "hé, fallait me prendre quand j'étais en tête de la course" alors il me dit qu'il était en
tête en haut du col de Portet et....si vous avez cliqué le lien sur le billet précédent vous savez sinon le voici. Mais sur le coup j'étais dubitatif, il a pris un coup sur le coco le gaillard ou quoi
?
Enfin la mer reflue, je peux continuer mon périple. Je déboule à une relative vive allure en comparaison aux coureurs mais un traileur me passe à une vitesse supersonique, il
s'agit de Franck Gilleron le leader du 75 km parti ce matin de Vielle-Aure. Aller, je me fais plaisir et le suis. Il carbure le bougre et me distance sur le plat par contre dès que cela
devient technique en descente je reviens sur lui. J'irai jusqu'au ravito de l'Oule avec lui.
Ouf sacrée suée, mais bon ça ne sert à rien de courir comme ça sans vraiment profiter du paysage, au final Franck a conservé, voire augmenté son avance (4 minutes) jusqu'à la ligne
d'arrivée.
Ça sent l'écurie, il faut longer l'Oule et grimper au col de Portet puis redescendre à Vielle-Aure. Je suis super en avance mais j'ai promis à Tibichic que je revenais vers 16h, alors je
trace...
Ci dessus le Lac de l'Oule puis la vue sur la vallée depuis le col de Portet, Je croise la coureur solitaire family avec qui je tape la conversation, une belle 4eme place pour Éric. Il fut
longtemps 3eme mais le jeune varois Romain Guillaume qui possède toujours un finish de folie lui aura mis un vent dans le col de Barège. Je continue ma fin d'étape et pousse le plaisir à
franchir quand même la ligne d'arrivée même si je ne suis pas finisher. Bière immédiatement avec Philippe et Philippe sur la place du village, Tibichic a quitté Tournaboup et vient suppléer
la seul Kiné prévue.
L'ambiance est excellente, une arrivée comme on l'imagine, pleine d'émotions, de bains de soleil en sirotant une bière, la tête dans les nuages...euh non pas les nuages... dans les
montagnes c'est mieux. Coté MTC Jean-Marc fait fort avec une 26eme place qui le place encore une fois sur le podium de sa catégorie, Philippe Simion ne s'est pas tordu la cheville sur les
150 km technique du parcours ! (alors qu'en descendant d'un trottoir deux jours avant..).
La remise des prix est le lendemain matin, ce soir c'est merguez et saumon au camping avec les kikoureurs et MTC + visionnage des photos (déjà!).
Niko et Régis nous font part de leur prise de pied respectif et salue aussi bien les bénévoles, organisateurs et coureurs. De beaux vainqueurs qui ont explosé les prévisions les plus
optimistes. Coureur Solitaire sur le point de faire un discours et....extrait de son récit (une petite merveille, à lire
absolument).
"Mister Bean sur le podium
24h35, 4ième au scratch et premier V1. Je n’aurais jamais parié sur une telle performance !
La fête dure encore deux jours. Le samedi après-midi, nous montons en famille à Soulan voir arriver quelques coureurs dans cette descente assez difficile. Le dimanche matin, remise des
prix. Les coureurs défilent sur le podium et chacun y va de son petit discours de félicitations tant aux bénévoles qu’aux organisateurs. Une organisation sans faille, exceptionnelle est
soulignée par toutes et tous. Lorsqu’arrive mon tour de grimper sur le podium, j’ai moi aussi préparé un petit truc à dire oui mais voilà… le problème c’est que je suis un grand timide et
l’expression orale n’a jamais été mon fort. 500 ou 600 personnes sont là devant et je me sens complètement con. On m’avait dit que courir rendait intelligent et moi, naïvement, je pensais
attraper le cerveau d’Albert Einstein mais pas de bol, je n’ai fait que récupérer les pieds de Frankenstein ! (voir photo ci-dessous)
Je suis donc là, sur l’estrade, les bras ballants à me demander si je vais oser dire un ou deux trucs et je n’arrive pas à me décider. C’est bête hein ! Mais je sais que si j’empoigne le
micro, voici en gros ce que j’arriverais à dire : « super, cool, trop top, les gars ! Merci tout le monde ! C’était sympa… trop cool ! »
Alors qu’en réalité, j’ai en tête précisément ce que j’aimerais dire mais qui ne pourra jamais franchir le bord de mes lèvres autrement que dans un borborygme vaguement articulé. Si, donc,
j’étais moins con, voici ce que j’aurais dit :
Tout d’abord, j’aurais demandé une vrai Standing Ovation pour les bénévoles et les organisateurs qui ont réalisé un sans faute pour cette deuxième épreuve : tout était parfait, de l’accueil
au balisage en passant par les ravitaillements… parfait, absolument parfait !
J’aurais ensuite adressé un immense merci à Muriel, mon épouse, et à mes deux filles qui ont eu le courage et la gentillesse de me suivre toute la journée et une bonne partie de la nuit du
vendredi. Elles ont été pour moi une magnifique source de motivation et un grand réconfort à chacune de leur rencontre alors que la pluie et le froid m’avaient transi jusqu’au os.
J’aurais enfin terminé par rendre hommage à un ami, Michel, du club d’escalade de mon village de Maîche, dans le Haut-Doubs, lui aussi passionné de montagne et décédé d’un arrêt cardiaque
au tout début du mois d’août. J’avais décidé de lui dédier ce GRP2009…..
Oui mais voilà, je suis un peu con et trop timide pour oser et surtout être capable de dire tout ça devant toute cette foule.
Alors que ce soit fait ici ! "
Puis Tine toujours poignante quand elle dédie ses courses à Gazelle81, Le repas de fin de course prend la forme d'un buffet
libre, cela est ma foi très bien vu de la part de l'organisation car c'est une occasion conviviale de plus (de surcroit c'est délicieux, pour une fois que les végétariens en ont pour leur
argent). Les organisateurs auront prévu un prix spécial consolation à Daniel Levy pour ces 10 000m de dénivelé positif et ses 180 km !
Après "eat my vegan food !", c'est "eat my wake !" un peu plus à l'ouest le lendemain
Vous l'aurez compris, le grand raid de Pyrénées est déjà un poids lourd de sa catégorie, je ne doute pas de son succès à l'avenir.
Les photos sous flickr sont ici le diaporama est la
Akuna