pourquoi ce blog ?


Marseille-Cassis par les collines 2008 (22)

I - J'ai ajouté des articles sur la vie du club LCT (entrainements, tutoriels...), maintenant Il s'agit surtout du trail car le triathlon est en stand by

II - Ce blog était une plateforme destinée à tous les bénévoles et membres de l'organisation de l'IronB qui a eu lieu le 08 Octobre 2006. Il a repris du service pour l'édition 2007 qui a eu lieu le 07 Octobre.

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Aloha ami(e)s traileurs,

 

Il est temps de se lancer aujourd'hui. Après 30h de natation (65 km), 24 h de compex (électrostimulation programme de réhabilitation, 75 séances), 400 km de marche dans les calanques, 200 km de vélo, je me sens prêt à courir de nouveau. Prêt à ce que mes pieds ne touchent plus terre, à ressentir l'apesanteur ne serait ce qu'une micro seconde. Echapper un peu à la gravité, terrestre evidemment, mais surtout à la gravité d'une situation qui a mis entre parenthèse durant huit long mois mon activité physique.

 

C'est avec une petite pointe d'appréhension que j'enchaine de petites foulées, prudemment comme si je marchais sur des oeufs. D'ailleurs je me retrouve à attaquer le bitume sur le plat du pied, voulant gommer le pic de contrainte dû au choc talon-sol. La promenade de la ciotat le long de la mer m'a manquée, et j'ai tout le loisir d'en profiter tant mon allure de sénateur est patente. Diable, saperlipopette, des joggers du dimanche m'enrhument à droite à gauche à toute allure, au moins du 10km/h ils font...

 

Ceci dit c'est le genre de rhume que j'accueille avec joie tant mes petites foulées semblent réveiller en moi le coureur si longtemps refoulé. Je n'ai absolument pas mal à ma cicatrice, stigmate de mon opération du dos, je n'ai pas de symptome "jambe en bois" ou "danse de st guy". Bref ce petit kilomètre est une réussite à ce moment, il faut juste valider ce run le lendemain matin au réveil. Mais déjà, c'est une récompense immense en soi. La route est longue, cependant je sais que c'est la bonne route. Je pense à Vincent, Alain et plein d'autres mes collègues du centre de rééducation de notre dame de bon voyage, à ces heures passées à monter et descendre les escaliers, à se brancher des électrodes quotidiennement, à tout faire pour être de nouveau...entier de sens et d'essence.

 

Cette reconquête des sens a fait de moi un marcheur, un guetteur, un observateur lors de mes randonnées. Ce corps qui s'éveille à nouveau me fait à la fois désirer et regretter la limitation absurde de notre perception.

 

Dans tous vos voyages avez vous vu la rosée éclairer de mille feux la toile d'une araignée ?
Non ? Moi je l'ai vu de mes yeux, ces simples bulbes gélatineux d'humain ne percevant qu'une infime fraction du spectre electro magnétique. Entendu avec des oreilles conçues seulement pour entendre les vibrations de l'air.
Je ne veux pas être humain ! Je veux entendre une musique subtile pareille au chant des harpes éoliennes lorsque mon cerveau est dopé aux endorphines.

Entendre des cors mélodieux qui résonnent au rythme sourd de mes battements de cœur sous les voûtes lointaines des hautes calanques, musique à donner aux traileurs une folie divine, musique qui, du haut du ciel vient mourir à mes oreilles. Sentir le gout métallique dans ma bouche aussi langoureux qu'un château latour 89. Accueillir les spasmes de mes muscles chauffés à blanc par l'acide lactique m'engloutir, me noyer dans un océan intense. Je suis un traileur, ne voyez vous pas l'absurdité de ce texte ? Comment conceptualiser correctement dans ce stupide langage limité des idées complexes ?
Je pouvais voir tant de choses, je pouvais vivre tant d'expériences, mais je suis prisonnier dans cet absurde corps de marcheur !

Un jour je trail rirai moins. Jusqu’au jour où je ne trail rirai plus. Un jour je voguerai moins. Peut-être le jour où mes cendres s'éparpilleront et se mêleront à la rosée.

(texte librement inspiré de brother Cavil, Thoreau et Bashung)

 

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GARLABANOFF from Pierre pfx on Vimeo.

 (voir à 4'28" pour la spéciale dédicace des MTC)

 

Ce chemin, cette route, fut, est, sera longue, bosselée mais émaillée de belles rencontres. Je me sens fortuné d'avoir pu être entouré d'amis qui comptent. Pour le moment, je suis un coureur, pas encore traileur, mais il n'y a pas si longtemps, j'étais un "béquilleur" mais ceci est une autre histoire...soyez patient (je l'étais ;-))

 

Akuna

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Bok ami(e)s traileurs,

 

Ultrafondus magazine, c'est plus qu'un simple magazine, c'est l'expression d'un courant de coureurs, qui d'un simple forum en  2003 en vient à créer un magazine. Ce magazine a accompagné avec bonheur mes premiers pas dans l'ultra, repoussant sans cesse les barrières du raisonnable de l'époque.

Avec le recul, je me rends compte que les barrières sont seulement celles que l'ont se met dans la tête. L'analogie du trail et vie tout simplement est pour moi évidente, fait de hauts et de bas, de renoncement ou d'entetement, de stratégies nouvelles à appliquer pour arriver au bout. Tout cela je l'ai vécu à 200 % et ultrafondus, en tant que communauté et source d'information, y ont apporté une magnifique contribution.

 

Si vous avez, comme moi, apprécié l'esprit ultrafondus, faites tourner la machine à Buzz ;-)

 

 

 

Akuna

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Kia ora Ami(e)s traileurs,

C’est la seconde fois que Samuel et l’organisation du trail de Signes Méounes Belgentier me font l’amitié d’accueillir cette collecte de chaussures de trail usagées. Comment cette idée de collecte a t’elle germée ?

Ce fut finalement la rencontre d’un constat que tout traileur a pu faire, les chaussures de trail c’est du solide ! Et parfois, malgré tout nos efforts pour martyriser nos godillots, ces derniers résistent. Et si depuis l’amorti a rendu les sorties sur nos sentiers favoris hasardeux pour nos articulations, nous les gardons pour faire du jardinage ou simplement marcher. Bref, nous avons tous dans un coin du garage des chaussures de trail qui prennent la poussières, plus assez bonnes pour courir, pas assez déglinguées pour être mises à la poubelle sans nous donner une petite pointe de gachis.

Alors un ami qui avait pour l’habitude de donner ses ordinateurs victimes d’obsolescence à une ONG me conseilla d’en faire de même avec mes chaussures de trail. De fil en aiguille, j’embarque mes potes du marseille trail club via le forum du site, le succès est là car mine de rien, la veine écologique des pratiquants de trail c’est pas du bluff. Puis c’est l’enchainement logique d’essayer d’ouvrir cela à d’autres traileurs. Le trail de la Sainte Baume de Pierre Kaftandjian et celui de Samuel Bonaudo le trail de Signes Méounes Belgentier en 2011, puis 2012.
En 2012 également, Philippe Esposito (challenge des trail de provence) et Jean Michel Faure Vincent (National Trail running cup 2012) m’ont proposé d’accueillir une collecte de chaussures sur leur circuit respectif. C’est vraiment une très grande nouvelle et j’espère pouvoir y être présent à l’avenir avec Appel detresse Toulon.

Un petit mot sur l’association Appel Détresse:

Lili et Jean F. de la Ciotat, Pierre A. de Toulon sont mes contacts à Appel Détresse Toulon. Ils m’épaulent lors des collectes et me tiennent au courant de la destination des derniers containers. Tantot un pour Haiti, tantot un pour Madagascar, c'est réconfortant de savoir qu'une partie de nos traces va essaimer loin de notre provence et servir sans doute à soulager des pas moins favorisés que nous. Que ce soit dans des champs de canne à sucre ou sur un terrain terreux de football, nos chaussures vont sans doute servir des besoins autrement plus fondamentaux que nos balades dominicales. Je ne sais pas pour vous, mais c'est quelques fois apaisant de savoir quitter nos habitudes consuméristes.

Le fameux container de Madagascar à destination de Antsirabé, les jerrycans contiennent du riz, vêtements, les chaussures sont, je suppose, quelque part au fond du container...


Le dernier conteneur, parti l’an dernier, fut à destination de Antsirabé (Madagascar), c’est la soeur Francine de la congrégation des Missionnaires de l'Immaculée Conception qui a géré la distribution des dons issus du conteneur (produits alimentaires, vêtements, chaussures, couvertures,….).
Soeur Francine a fait une escale à la prison d’Antsirabé:
extrait Lettre AD n° 127


“Visite à la prison
Le lendemain matin, nous nous sommes rendus à la prison où les détenus nous attendaient pour exprimer leur reconnaissance par des discours, des chants et des danses. Une visite est toujours un jour de fête dans une prison car elle
rompt la monotonie journalière. Il y a actuellement 460 détenus. Beaucoup me reconnaissent, et même me connaissent pour certains car nous avons déjà dialogué les années précédentes. 39 femmes et 7 enfants en bas age (ils restent à la prison jusqu'à 7 ans) sont dans un quartier à part récemment rehaussé : les fenêtres de l'étage donnent sur la cours centrale, celle des  hommes. 7 mineurs ont également leur quartier. Les délais pour être jugé sont toujours très longs : un jeune de 13 ans vient d'arriver pour le vol d'un sac de riz et il est probable qu'il passera plus de temps en prison que la durée de la peine à laquelle il sera condamné...”

Akunamatata

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Mingalaba ami(e)s traileurs,

Un nouveau trail au programme en ce mois de septembre, mais pas que....En effet, j'intègre avec un peu de pression (de celle que l'on met dans les pneus et non  celle tirée d'un fut de bière) l'équipe officielle de photographe couvrant l’événement. Cyril Bussat, Pierre et Éric sont mes nouveaux collègues, je reste dans ma partie à savoir traduire photographiquement la vision interne du traileur lors de sa course. Départ, Chamonix triangle de l'amitié, 4h30 du matin, j'arrive direct depuis le boulot 2h avant, juste le temps de dormir un cycle de sommeil d'1h30 et de me changer à la va vite dans la voiture sous la lueur blafarde d'un lampadaire de parking.

Il ne fait  pas froid (12°C), c'est surprenant et inespéré somme toute car je suis déjà bien chargé avec le matériel obligatoire et le matos photo plus ma gopro. Je ne ressemble pas à un photographe, et j'aime cela: passer incognito au milieu des gens, pouvoir prendre des photos sans perturber la scène. Je reconnais de nombreuses personnes mais ne m'autorise pas trop de bavardages, je tiens à prendre l'instant présent (excitation, traileur ensommeillés appréhension, le petit café revigorant, la directrice de course du CMBM fatiguée mais énergique...) . Je rejoins Cyril qui me présente au team, le courant passe bien immédiatement, on est tous content d'être là et plus tard là haut à chasser l'image et l'air pur des sommets. Je salue les solukhumbers (Jérémie, Annie, Dawa, Pierre et Pascal) tout en mitraillant et filmant la ligne de départ.

 


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Je ne suis pas dans le sas et pour cause je ne ferai pas la totalité du parcours (52 km, 4000 m+), je vais zapper la partie montée flégère et le lac blanc qui seront abordés par les coureurs encore de nuit (ce qui d'un point de vue photographique a peu d’intérêt n'est ce pas ?). Ce sera Cyril qui sera chargé d'accueillir les participants à l'aurore. Quant à moi, je prendrai en cours de route la tête de course au ravitaillement du buet si le jour s'est levé et finirai la course au sein du peloton. Pour le moment je filme avec la gopro montée sur bâton le départ, cette caméra est un vrai petit bijou technologique mais je n'ai pas encore fini d'explorer les possibilité de stabilisation. Et pour cette course, je vais laisser l'innovation et faire ce que je sais faire, c'est pas le moment de foirer la prestation ! Du coup la Gopro vous en aurez un aperçu avec l'aide de Viktor (accessoirement aussi un reporter de runner's world version suédoise) le plus francophile des traileur suédois que je connaisse.

Il y a du beau monde à la manœuvre devant, l'organisation a la touchante attention de faire avancer les dames devant pour une photo collective. Toutefois les cadors reviennent vite sur le devant de la scène et prennent rapido la poudre d'escampette dès le fil levé. C'est toujours étonnant de voir les différences d'allures en si peu de temps s'afficher devant nos yeux. En deux minutes, tous les coureurs ont disparu de la place et j'ai peine à croire qu'il y avait près de 650 coureurs le mors entre les dents. Et là c'est bien mort, car la particularité de cette course est qu'elle ne revient pas au point de départ, cette année elle se terminera à Servoz et faisant traverser la magnifique réserve des aiguilles rouges. Coté logistique, c'est ... compliqué, il faut que je laisse ma voiture à Cham, tandis que Éric et Pierre prennent le 4x4 pour se poster de part et d'autre du Brévent  km 38 (Cyril est déjà parti juste après le départ, il a du deniv à faire pour choper les premiers au lac blanc, km 9). Une fois les derniers passés Éric et Pierre amène ma voiture de Cham à Servoz. Quant à moi je dois attendre un bon samaritain qui puisse m'amener au Buet km 16. Le hic c'est que j'ai plus accès à ma voiture (j'ai filé les clés à Pierre, qui lui même est reparti pioncer dans sa location, trop loin d'ici au triangle de l'amitié) et l'organisation remballe fissa barrières, ravitaillement et tout le shoobang. Évidemment à 5h du matin, pas grand chose d'ouvert, et malgré la température clémente (12°C) je commence à tourner en rond et tue le temps en apprenant par cœur les exploit du dr Packard sur les jolis panneaux explicatif de l'histoire du mont blanc jalonnant la place. J'attends mon "fixeur" sur la mission de largage au buetistan, son nom est Bruno T. bien connu des réseaux spécialisés et marié avec notre meilleure agent du service secret de notre trailjesté: la mata hari, la carla bruni, son nom de code Karine H.

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Et c'est parti pour une discussion à bâtons rompus avec Bruno, on parle de son bataillon Lafuma et sa campagne en UTMBistan, avec malheureusement un objectif  raté pour cause de non infiltration et d'exfiltration de précieux nutriments à l'agent Karine H. Je me rends compte que désormais il faut une rigueur de tout instant pour soutenir les  traily SEAL (Super Elite Aero Lafuma). Un autre monde est en devenir sur certains territoires, plus pro, plus "mainstream" et j'en profite aussi un peu il faut avouer. Au col des montets, c'est Michel Lanne qui déboule tel un fantôme avec son equipement blanc Salomon, un sacré client celui là, pour ses débuts  il a fini 2nd sur le trail de la Sainte Baume en début d'année préfigurant un bien bel avenir pour un gars qui a les pieds sur terre.

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Les points lumineux des frontales se détachant de la montagne sont autant de lucioles papillonnant plus ou moins vite dans notre direction. Elles apparaissent d'un halo brumeux presque neigeux, c'est une mauvaise nouvelle, le ciel ne sera pas dégagé et le voile nuageux nous enveloppera tout au long de la journée. C'est vraiment un crève cœur, car l'immensité du paysage ne se révélera pas aujourd'hui, il ne faut toutefois pas être trop mécontent non plus au vu la tournure de la météo l'an dernier (très mauvais temps et parcours de repli) !

J'attends avec Bruno le passage de Karine, et d'après le timing c'est pile poil qu'elle arrive en 3ème position. Du col des montets les coureurs doivent descendre vers la vallée en longeant la route jusqu'au Buet (Vallorcine), premier gros ravitaillement. C'est là que les cadors peuvent faire jouer leur avantage en changeant de sac à vitesse grand V, enfin sur cette course ça a l'air normal, même les plus rapides ont le temps de se sustenter, plaisanter avec les bénévoles, ouf ! C'est même une Corinne Favre toute penaude qui arrive après Karine en maugréant mi amusée mi dépitée, j'ai plus de pile dans ma frontale et j'y voyait rien dans la descente ! C'en est tellement désarmant que c'en est charmant, Bruno lui file une frontale de rechange, c'est tout à son honneur : Corinne va pouvoir faire parler la poudre et damer le pion à toutes ses concurrentes (la suissesse skieuse alpiniste Séverine Pont Combe et Karine).

C'est le moment pour moi d'entrer en jeu, je pars avec la frontale qui me sert à peine 10 petites minutes. Nous prenons la direction du vallon de Bérard empruntant un GR très agréable. Le chemin longe la rivière de ce vallon encaissé, la lueur matinale fait monter la température lentement ainsi que les couleurs diurnes. J'essaye de prendre quelques photos, hélas il me manque des IL (indice de Lumination) pour pouvoir prétendre prendre autre chose que des sujet immobiles sans flash. Le ciel est bien voilé avec une lumière un brin voilée par les nuages d'altitude accrochés au sommets environnants. Cette ambiance lumineuse, laitée, au sein de la forêt me rappel dans une moindre mesure le souvenir d'une diagonale des fous brièvement. Au km20, le peloton est frêle, je navigue entre la 30ème et 100ème place (je rétrograde vous l'avez bien compris !), les organismes se réveillent grâce à notre amie sérotonine et je ne vois que des sourires ou bien concentration dans cettte montée de 600 m+ vers le refuge de la pierre à Bérard km 21.

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Le chemin aisé et progressif se prolonge jusqu'au Refuge de la pierre à Bérard (alt 1900 m) et déjà presque 2000 m+ en 21 km ! à partir d'ici le chemin...disparait et nous allons devoir élever notre attention d'un cran afin de calculer la trajectoire optimale entre les fanions orange fluorescent qu'on posé les traceurs du CMBM. Nous avons 600 m+ à encaisser dans un décor ultra minéral, ce dernier me fait penser à de la lave solidifié, ou alors une immense bouse statufié d'un dinosaure cyclopéen. Les grupetto de coureurs sont un peu éparpillés et si le traileur de tête n'a justement plus trop sa tête, je vois de nombreux détours et retours sur le tracé original. Les premières défaillances arrivent aussi tant les pas sont inégaux et les pentes ardues. Il faut mettre les mains parfois et les bâtons utiles avant se révèlent de piètres outils, rippant sur une roche lissée par des éons d'érosion cumulé.

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L'altitude commence à prendre son écot sur les organismes peu acclimatés à cet air plus pauvre en oxygène, j'y encourage Marion de Quechua qui est ma foi bien placée et file d'un pas déterminé vers le col de Salenton (alt. 2520 m, km23). C''est un beau spot pour prendre les coureurs en plein effort, la vallée se détache en arrière plan, les traileurs sont concentrés dans l'effort, dommage que les sommets soient toujours ennuagés.

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Après ce intermède chaotique, nous ne sommes plus très loin du sommet et le sentier devient plus apprivoisé. Les gros rochers ont laissé place à un single traversant un pente de pierrier (en fait sans doute des gros rochers réduits en cailloux par les différences de T° ai fil des âges). Nous entrons dans le nuage et la T° chute rapidement, mais au moins la cadence est moins hachée, autorisant un mode de marche favorable à tous. Arrivé au col de salenton, je me rends compte de l’immense et presque écrasante vue: à l'est la réserve naturelle du vallon Bérard, à l'ouest la réserve naturelle de Passy. L'une parait bien plus sauvage tandis que l'autre plus policée semble n'être qu'une vaste prairie mongole vu d'ici. Le soleil perce brièvement notre cocon humide libérant les couleurs qui ne demandaient que cela. Je croque goulument le bonheur d'être ici à photographier et courir, faire une gymnastique d'esprit et de corps, tout simplement de vivre intensément le présent.

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Col de Salenton

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vue sur la réserve de Passy

Je reste au niveau du col le plus longtemps possible, la fenêtre météo de beau temps se referme brusquement et je me résous à plonger dans la vallée. Le chemin est un régal à descendre, single sans aspérité, un peu terreux,herbeux,  les genoux apprécient grandement. Je jette incessamment des regards autour de moi, calculant, anticipant les meilleurs angles de prise de vues. Le mont blanc est visible à travers une déchirure du manteau nuageux nimbant notre horizon. Nous progressons à l'ombre de géants,  et parfois je me dis qu'il ne tient qu'à nous d'exercer nos sens autant que notre endurance. Peut être que nous entendrions le chant du vent, et verrions des symphonies de couleurs et de senteurs.

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Le soleil magnifie la "toundra" , les petits lacs à nos pieds sont autant de petits feu follets à l’éclat diamant. La prochaine étape est le refuge de moede anterne situé à 7 km du col, beaucoup de traileur sont à cours d'eau et trouvent le temps longuet. Quelques ruines avec abreuvoir sont les bienvenues, l'occasion pour moi de jouer avec les traileurs et l'eau jaillissant de la source.

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Peu avant d'arriver au refuge de moede anterne (km30) j'aide une traileuse qui s'est méchamment ouvert le genou sur un caillou, je sort du crashpad mon couteau suisse et le tend à son compagnon pour la découpe du pansement (j'avais aussi de l'éosine mais il a poliment décliné l'offre, j'aurais peut être dû insister car j'ai pas mal d'histoires dans le tiroir à se faire dresser les cheveux suite à une mauvaise asepsie).  Toujours prévoir une bonne rousse de secours, toujours !

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Houla, 1h50 pour faire ces 7 km depuis le col, vous êtes prévenu, j'ai lambiné un peu mais pas tant que cela! Le refuge est idéalement placé, on se croirait sur le bord du monde, devant nous s'étend le massif des aiguilles rouges et la montée vers le brévent (km 39 alt. 2525m) mais avant cela il va falloir descendre un peu dans la réserve du carlaveyron (400 m D-) avalé à toute berzingue ayant rangé le reflex dans le sac. (quand on court avec un reflex à la main, il faut avoir de bons réflexes pour ne point tomber, et bruler un cierge pour ne pas ruiner un petit joujou de plusieurs xxx d'euros ...).  Km 33, alt.1600m au pont d'Arlevé, point de plat car il faut caser les 4000 m+ en 50 km, cela remonte tout de suite en direction du col du brévent. La montée est très progressive, laissant le temps au corps de s'habituer à la lente remontée en territoire de haute altitude, presque 1000 m+ ininterrompu. Pas si facile que cela car le col se dérobe sous nos yeux de nombreuses fois. Bon sang où peut il bien être ? C'est un brusque changement de pente qui marque la sortie, de nouveau minéral et chaotique, il faut donner un coup de collier pour passer certains pas. Des mouflons, nous surplombant, semblent philosopher sur le sens de l'existence, nous dans ce fatras de blocs nous nous dépêtrons tant bien que mal pour nous en sortir, une drôle et cynique répétition du style de vie que l'on aimerait bien pouvoir oublier parfois.

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Le pont de L'arlevé, le seul replat en 10 km !

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non loin du col du brévent, c'est l'anarchie, faut virer les cantonniers !

Enfin la récompense, un "V" noir sur f(m)ond blanc apparait dans le collimateur. Là pour ceux qui ne sont jamais venu (c'est mon cas),  je suis sur le cul et pas seulement pour prendre les photos ! "Ça envoie du bois" comme dirait Jérémie. Et pour ceux, encore comme moi, qui croient que le col est synonyme de descente, eh bien c'est qu'ils ont mal lu le road book. Ici on est à 2365m il reste 150 m+ pour accéder au Brévent. Bigre, nom de Zeus, les CMBM ne nous sont pas foutus de notre gueule et nos quadriceps seront à revendre sur ebay pour pas cher à la fin de la journée... Quoique nos gueules aussi bien que béates à Servoz ne vont pas faire un tabac sur meetic non plus. Trêve de soliloques et reconcentrons nous sur le jeu du sniper. Un petit jeu entre l'équipe des photographes, celui à qui shootera le premier lors de notre croisement. Damned, Éric m'a tuer, il s'est placé astucieusement en haut des échelles, impossible pour moi de me saisir à temps de mon nikon.

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Le col du Brévent, derrière le panorama herculéen (mer de glace, les drus...), presque abyssal !

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accroche toi teddy bear (because we'll be together) !

l'arrivée au Brévent est un peu décevante car nous arrivons par une piste 4x4 (il faut bien monter le ravito), j'ai encore un peu d'eau et de coca, c'est opportun car ce fut le couac, panne de pack d'eau !
J'entends à la VHF les consignes de sécurite sans appel, rationnement puis si penurie arrêt des coureurs ici même ! Il ne reste que 11 km, mais l'orga ne peut prendre le risque d'envoyer des traileurs dans cet environnement sans eau. En descendant vers le Servoz, je plains la bonne centaine de coureurs encore derrière moi, leur déception va être terrible. Mais c'est sans compter sur l’expérience et des moyens des organisateurs. Un hélicoptère de la sécurité civile arrive juste à temps pour délivrer le précieux breuvage (ça fait pas très écolo, mais c'est diablement efficace). Pierre m'attend non loin d'ici et je me sens obligé de sortir un jump, tant pis pour le jeu du qui shoot qui.

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Je retrouve avec plaisir Ultrasteph, aux aiguillettes des houches, qui quand il ne court pas est pointeur sur la course, il a beau dire qu'il ne reste plus que 7 km de descente. Il ne précise pas le pourcentage, car il y a 1500 m + ! Les plus rapides mettront 30 minutes, quant à moi fort de mon grugeage de parcours, j'ai encore les cannes et je me fais super plaisir en déboulant à 38m/min dans ce décor de rêve.

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La dernière descente sur Servoz sur une crête grandiose.

J'ai mis 50 minutes pour la descente, première fois que je descends aussi longtemps sur un denivelé aussi fort. Mais en bon état, je retrouve Cyril affairé à shooter les arrivées, le soleil est bien présent et j'étouffe un peu sous un équipement peu adapté à la situation. C'est l'occasion de debriefé avec Cyril, revoir Marion, Pascal, Violaine, Didier et finalement beaucoup d'amis fait au cours de ses dernières années que ce soit en France ou en Navarre. Eric et Pierre arrivent avec ma voiture, je peux enfin me changer et aller manger une bonne tartiflette. Notre quatuor est rasassié de paysages, d'altitude, du travail bien fait aussi (enfin j'espère dans mon cas), les blagues fusent et Eric l'annécien doit se demander d'où viennent ces serials chambreurs ? (du sud, du sud...).

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Un dernier mot sur le CMBM dont la joie fait plaisir à voir, et qui me rappelle furieusement l'ambiance magique du mon club le Marseille trail club. Oui le CMBM peut être fier sur ce coup là, un vrai fournisseur de sourire, de souvenirs impérissables.

Akuna

PS ah oui ! Qu'a donné le job de la fine équipe ? Eh bien le résultat est là sous la forme d'un livre photo personnalisé plutôt bien fait à mon gout.. A penser si il y a un cadeau de noel à faire pour un traileur en mal de compétition Cool.

livre

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Namaskara ami(e)s ciotadens,

 

Une fois n'est pas coutume, l'édition 1720 de la Ciotat n'aura pas lieu sur le vieux port mais sur le plage. Le vieux port devant subir quelques transformations et rénovations pas inutiles du tout.. Toujours en mode marche lente et muni de mon Nikon, je vaque le long de cette plage transformée pour l'occasion en verger, en naufrage de pirates ou bien plus exotique en débarquement US de la seconde guerrre mondiale ou encore d'une légion romaine. C'est assez étrange ces derniers choix, néanmoins il faut toujours garder un regard d'enfant et s'émerveiller devant tant de minutie à vouloir recréer l'environnement de nos ancêtres (Enfin pas pour moi lol).

 

Pas facile de faire des prises de vues sur une jambe, mais en prenant son temps on arrive à capter un sourire d'enfant, un cadrage audacieux, une histoire éphémère en une photo. Exercer son oeil, voilà au moins une chose que je peux faire en permanence. L'inconvénient c'est quand on commence à penser en permanenc0e: là F8 et 70-300 lol ;-)

 

Il etait une fois 1720 edition 2011 (147) 

Il etait une fois 1720 edition 2011 (250) 

 

 

Akuna

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Shalom amie)s artistes,

 

C'est toujours avec plaisir que je vois les ramifications inattendues du marseille trail club. Deux membres de ce dernier sont des artistes l'un dans le domaine du dessin, l'autre dans la photo. Tous deux se retrouvent dans leur thématique de prédilection à savoir les portraits africains.

Si l'un vient d'une culture plus urbaine (graf), lautre a ramené de ses voyages en Afrique des fragments d'humanité.

 

Dès lors les regards croisés de l'un et de l'autre fut inévitable....pour notre bon plaisir ;-)

 

Vernissage Deuz Pfx 2011 (7) 

 

 

Akuna

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Hej ami(e)s coureurs,

 

Ne pouvant pas faire trop de sport actuellement, je garde toujours actif l'entrainement photo ;). Je décide de marcher un peu dans Cassis et prendre les photos des coureurs arrivant bien cuits depuis Marseille. Le temps est particulièrement clément, sans vent. Cassis est toujours aussi belle ce matin, c'est une joie de sentir la douceur de vivre ici.

Après mes déambulations au sein des préparatifs de l'organisation de la course, je me dirige lentement vers la montée des pompiers située à 1 petit km de l'arrivée. Cette dernière est terrible pour ceux qui arrivent avec les jambes détruites par la descente longue depuis la gineste. J'espère que les coureurs n'iront pas trop vite afin de pouvoir prendre des clichés avec le 300 mm sigma des visages en plein effort.

Las le monde présent m'empêche de prendre les premiers coureurs comme je l'entends (mon autofocus n'est pas assez rapide, pourtant c'est un Nikon D80). Je doisme résoudre à scratcher 50% de mes clichés. Je me dirige donc vers la fin de la descente, enfin tranquille et surtout j'ai une longue lligne droite qui me permet de "locker" la personne depuis 70 mètre.

 

Je retrouve comme prévu les kikoureurs (Le solitaire, Lapinouack, calamaryou, Patricia B....) sous la bannière K. Mais je commence à fatiguer et doit me résoudre à rentrer.

 

C'est pas tout mais les photos sont là !

 

 

 

 Marseille Cassis 2011 (57) montée des pompiers

 

1. Tsegay (ETH): 58’09
2. Azmeraw Békélé (ETH) 58:37
Les deux premiers en sprint dans cette montée...hallucinant à vue de nez du 17-18 km/h dans la cote :o

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Hej ami(e)s ciotadens,

 

Le week end dernier était l'occasion de nouveau de découvrir la ciotat au travers de son patrimoine immobilier et culturel. Puisque le samedi et vendredi n'étaient pas une option, je me suis rabattu sur le dimanche où , malgré un temps à averse rarissime ici, j'ai pu découvrir pêle mêle l'histoire de la construction des hydravions au début du siècle dernier,des trésor de l'art florentin manièrisme importé par un Grimaldi non loin de l'appartement où je loge (à 100m !). Il y a aussi ce concert improbable de l'organiste Lamantia à notre dame de l'assomption et les archives cinématographique des mises à l'eau du temps de la splendeur des chantiers naval de la ciotat.

 

Je finis par la visite de l'Eden, la plus vieille salle de cinéma au monde et l'hommage rendu à l'acteur Michel Simon à la chapelle des pénitents bleus. Tout cela en une petite après midi, qui dit que cela ne bouge pas assez à la ciotat ?

 

Une photo ci dessous des premiers hydravions à la ciotat, j'ai essayé par le jeu des reflets de superposer la grue centenaire du reflet avec cette même grue au début de sa jeunesse ;), un peu comme si une porte temporelle s'ouvrait entre deux époques, ambitieux mais vraiment pas facile à mettre en musique...

 

 Journées_patrimoine_2011_la_ciotat (3)

 

 

Akuna

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Namaskar ami(e)s traileurs,

Ça commence à devenir une routine...Après la Nevache Skyrace, le dimanche matin est ...mouillé. Cette nuit au refuge de la Fouillouse (St Paul / Ubaye) le tonnerre a grondé laissant présager un lendemain morose. Au moins je suis sûr de mon matos typé pluie / montagne, par contre mon entrainement reflex / trail va se muer en APN / trail. Un petit mail à Nicolas l'organisateur une semaine avant pour lui demander gentiment une autorisation d'accès aux ravitos (accordée !) me permet une nouvelle fois de jouer au traileur contemplatif ;)). Je retrouve mes amis du MTC et Kikoureurs, ainsi que Dentelles et Baskets la grande favorite chez les dames du parcours élite, je retrouve aussi avec plaisir Philippe E. du Challenge des trails de Provence.

Trail Ubaye Salomon 2011 (14)


La question sur toute les lèvres est "va t'on pouvoir monter au chapeau du gendarme point culminant de la course? (alt. 2685 m) ". Au moins il ne fait pas froid ici, sur la place Manuel de Barcelonnette, peut être grâce aux excellentes festivités mexicaines qui ont émaillé la semaine. On annonce une isotherme bien au delà des 3000m, ce qui est très rassurant d'un point de vue sécurité. A  20 minutes du départ, Nicolas ne sait toujours pas si l'option intégrale est conservée, il y a un détachement du PGHM qui se rend sur place pour évaluer et sécuriser le passage. Le point bloquant sera les conditions météo qui sont sur le fil du rasoir. Une pluie modérée ou forte, c'est juste la différence qu'il faut pour pouvoir grimper ou non les rochers rendu glissant.

Trail Ubaye Salomon 2011 (41)


Ça a l'air de tenir (le ciel), et le départ a lieu à 8h pétante. Le peloton des 350 coureurs s'étire tel un accordéon se regonflant après une expiration folle.  Nous avons pour une fois une longue portion de plat le long du canal et du golf du bois chenu, idéal pour éviter les bouchons avant les inévitable singles. Je trouve un brin prémonitoire la délicate attention des panneaux du golf: "promenade de santé" suivi d'un "danger chute de pierre", "thalassothérapie, bain de boue, douche glacée vivifiante", là j'ai inventé ce dernier panneau InnocentPour le moment, le temps est optimal pour courir, ni trop chaud ni trop froid, je suis bien calé aux alentours de la 300ème place.



Malgré tout, lors des montées, mes compagnons de route (Éric de Martigues, Vestale etc...) et moi ne ramassons pas les pâquerettes, nous avalons le dénivelé à 15-16 m/min. La fougue du départ me dis je, car après comme d'habitude, la moyenne ascensionnelle chute au fur et à mesure de l'avancée de l'épreuve vers les 11 m/min (et encore la, je double du monde tout du long, je finirai vers la  220éme place virtuelle)

La première montée sèche dans les bois donne le ton, la terre est peu gorgée d'eau, l'humus des mélèze est un vrai bonheur à fouler. Les lacets serrés permet de prendre connaissance des traileurs qui seront pour la plupart dans mes temps à plus ou moins 15 minutes. J'échange avec quelques traileurs qui remarquent ma propension à photographier à tout va. Souvent, ils me remercient pour les clichés pris sur telle ou telle épreuve. Ça fait vraiment chaud au cœur. Je suis avec Vestale (kikoureur), souvent derrière lui, mais à la faveur des descentes je reviens vite sur mes compagnons.

Trail Ubaye Salomon 2011 (54)

L'ambiance est excellente, le temps est gris mais semble hésiter a nous sortir la lessiveuse programmée sur eau froide sans prélavage. Nous voici déjà à Uvernet, 1er ravito, je ne consomme pas beaucoup d'eau et je suis rassuré sur la température extérieure de 10 - 12 °C qui nous évite la dépense énergétique d'une transpiration. Un petit bout de route juste ce qu'il faut pour reposer le centre de l'attention et de l'équilibre avant d'attaquer la série de montées vers les cols qui devrait progressivement nous amener vers 2700 m d'altitude. Je ne sais toujours pas si le feu vert a été donne pour la dernière ascension. Pour l'instant, le ciel passe du gris au brouillard, d'une vue à 20 m à une vue d'une partie de la vallée de l'Ubaye léchée par un ballet de nuages tels des fumerolles s'échappant d'une marmite herculéenne.

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Au début, la pluie fine, autorise le t-shirt manche courte, je peux photographier en sachant pertinemment que l'objectif ne sera pas impacté de gouttelettes, mais soudainement une pluie drue suivie d'accalmies aussi brusques provoque des séances d'habillages et déshabillages en série. Quelques traileurs sont partis sans couche extérieure imperméable, il ne fait pas froid, ici à 2300 m, et le vent est étonnamment tranquille, mais à 2700 m avec ma r-light, j'ai eu froid au doigts et j'ai hésité a sortir mes gants. Quand tout va bien, ca passe, mais un souci qui immobilise le traileur plus de 10 minutes et c'est la correctionnelle ! La tête du 23 km (parti 30 minutes après nous, le 42 km) nous dépasse avec aisance au niveau des ruines d'une maison. La différence d'allure est bien sur vertigineuse, chacun s'efforce de se pousser afin de ne pas trop gêner les grosses pointures. Tout le monde est excessivement poli, on s'encourage mutuellement, le respect marche encore dans les deux sens dans cette jeune discipline.

Le top 10 du 23 km me passe lors d'une montée décente, ces derniers ahanent, soufflent et se dépouillent. C'est à peine s'ils peuvent demander le passage, ah le top ten cela se mérite vraiment ! Au sortie des bois nous prenons de plein fouet une pluie drue, je constate que des petits ruisseaux se forment sur le sentier et béni le ciel de ne pas devoir passer ici 1 heure plus tard. Mais c'est le signal que désormais nous allons devoir composer avec une nature détrempée. Les premières mares de boue se forme sous nos pieds, forçant les coureurs à évaluer le bénéfice / risque d'enlisement sur une trajectoire courte ou un léger jardinage sur l'extérieur.

En arrivant à la bifurcation du 23 et 42 km, je vois Pfx, sous un arbre attendant Pascal et Lambert, je me dirige vers lui en negligeant de bien regarder les panneaux. Petite discussion sympathique et me voila reparti vers les sommets. Est ce moi qui suis subitement devenu lent ou les traileurs ont mangé du chien ? Allons bon, je distingue Corinne Favre dans mes roues...bah, je me suis trompé de chemin, je redescends et me console en me disant que j'aurais fait plus de denivelé que la plupart des concurrents...Minh Chau déboule à moins d'une minute de Corinne, preuve de ses progrès effectués ces derniers mois.

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Nous recroisons les traileurs du 23 km, cette fois ci la fin du peloton. Il viennent de notre gauche et fusionnent avec notre trace. C'est un peu plus tôt sur le tracé du 23 km que tibichique croisa les deux leaders du 42 km: Christophe Lesaux et Manu Gault remontant le parcours du 23 km en sens inverse. Elle leur dit de faire demi tour pour continuer tout droit, mais un traileur du 23 km, peu inspiré, insiste pour dire aux co leader de poursuivre a l'envers! Bref, un tournant dans la tête de course, ils finiront tous deux aux alentours de la 10eme place au général.

Le ravitaillement avant la montée du chapeau de gendarme est atteint  sous une pluie soutenue. Le trace initial est maintenu, soulagement perceptible pour ma part car finalement je prends énormément de photos d'un paysage changeant. Cette nature à ce moment m'inspire! Nous sommes sur une partie du trace plutôt en altitude, le végétal se retire au profit du minéral. Les derniers mètres sont sécurisés d'une corde fixe posée par le PGHM, je mitraille de mon APN, les ang(l)es sont légions, corde en contre plongée, plan serré sur les chaussures de traileurs. C'est facile ici car mes compagnons de fortune sont un peu scotchés dans la pente et se laissent photographier sans trop rechigner (il leur faut garder leur souffle hihihiihii). Enfin le chapeau du gendarme, mais le gendarme du pghm faisant l'annonce du point culminant n'a point de chapeau ?!!

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Je ne me languis pas dans le coin et plonge vers la vallée et ses températures un peu plus accueillantes. Si la partie haute ne pose point de souci d'adhérence, dès la moyenne montagne atteinte, une couche de boue se fait un malin plaisir a nous transformer en danseuse étoile ou ...hippopotame. Les nombreuses traces de glissades sont facilement repérables, et les sentes de délestage aussi. Néanmoins, des situations tobbogantesques sont pléthores et les non descendeurs ont les cuisses en feu tant il se retiennent, je trace tout droit laissant bien mon corps à l'aplomb de la pente.

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Évidemment je glisse mais c'est comme sur une pente neigeuse, il faut pouvoir sautiller à tout moment afin d'écourter la glissade. Vraiment super amusant et ludique, j'essaye de m'arrêter pour prendre des photos de chutes et ...ca loupe pas je mets une main à terre ! L'APN gris métallique arbore un joli aspect chocolat, d'ailleurs je le suis sur ce coup, fin des photos, faudra attendre la douche pour nettoyer tout cela. J'arrive peu après 15h avec Vestale que j'ai repris dans la descente, tout émerveillé d'avoir finalement bien apprécié cette météo.

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Un passage au jet d'eau pour enlever les kilos de boue des membres inférieurs avec tibichique, au passage on se fait faire la morale par une passante qui nous reproche d'utiliser trop d'eau...potable..précise t'elle. Elle nous suggere plutot d'aller dans le canal. On lui demande si elle va voir les agriculteurs du coin pour leur dire de ne pas arroser leur champ quand il tombe un déluge, mais nous nous exécutons de bonne grace car l'intention est là (et que nous avons fini de nous décrotter Tongue out), Ah c'est  beau le militantisme écologique ;)


Douche et remise des prix au gymnase immense de Barcelonnette, je retrouve les amis du MTC, déjà tous propres et reposés...je me trouve un peu lent du coup lol! Encore une razzia des filles du MTC (Minh Chau, Karen, Agnès, Alex), on va encore se faire chambrer nous les mâles...coté statistiques, presque 400 photos sur cette journée, attention le délit d'excès de vitesse n'est pas loin ;),

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Bon a ce qu'il parait il y a un snow trail ici cet hiver, alors danseuse étoile version holiday on ice, chiche ?

Akuna

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Hola ami(e)s traileurs,

Une édition 2011 un peu malchanceuse au vu de la météo, j'avais prévu le reflex et le mode rando photo, mais le mauvais temps s'est invité juste ce jour là alors qu'il avait fait beau temps toute la semaine.
Ça sera donc en mode rando photo à l'eau et Gopro. Je retrouve mes amis du marseille trail club au gite de Jean Luc Charton à puy st André samedi soir après le boulot. A 23h certains ne sont pas couchés (alors que le réveil demain est fixé à 4h30..) et nous attendaient de pied ferme pour nous accueillir (ça fait plaisir ;)). Jean-Luc me trouve un petit  (non en fait un gros) reste de repas (pates et boeuf braisé, délicieux !).  Il est presque minuit quand je vois une Anaelle les larmes aux yeux prendre l'air dans le salon tellement sa chambrée pique des fous rires.

4h30, la petite musique android sonne le départ dominical du traileur, j'ai tout mis sous sac congelo transparent, mais je me mélange entre le linge de semaine, le linge d'après course, l'équipement de course...bref la panique habituelle quoi ! Ça sera le maillot fluo orange du MTC, cela ira très bien avec mes trabucco fluo orange et mon sac Lafuma fluo...ok vous avez pigé ? Ces dernières années a vu la résurgence dans la mode des années 80, alors du fluo on n'a pas fini d'en bouffer. Au fait il faut aller prendre le petit déj, nous sommes quelques traileurs marseillais et parisiens dans le gite de Jean Luc et cela se passe très bien ;).
5h45 on décolle enfin pour Nevache, arrivée à 6h20 pour un départ à 7h00, c'est juste d'autant que Névache étant en cul de sac, la maréchaussée fait garer les coureurs à plus d'un km du départ. Il y a un système de navette mis en place, mais c'est un minibus car la place pour faire demi tour à Nevache est une denrée rare. On y va à pied sous format échauffement petites foulées, et c'est très bien comme ça. On sait depuis le parking que le Thabor sera annulé (confidence d'un gendarme), je ne m'étonne pas vu la météo chagrine dès maintenant, j'avais espéré être tranquille les premières heures du  trail, or les nuages sont déjà sur nous, menaçant. L'an dernier lors de la montée du thabor en mode rando fut impressionnante

 

Nevache - Mont Thabor (76)

 

Je ne l'imagine pas la faire en conditions hivernales car il s'agit bien de ça, 11°C à Nevache ( 1600 m)  cela donne -1°C au sommet du thabor (3178 m) à raison de 0,76 °C de baisse tous les 100 m.
Avec le vent possible (environ 40 km/h constaté au plus haut sommet du parcours de substitution) on aurait eu peut être - 7°C ressenti . Évidemment, je n'ai pas tout ces calculs précis dans la tete, mais grossièrement je savais que je n'y serai pas allé avec l'équipement de traileur parcours maintenu ou non. C'est avec plaisir que je retrouve les "solukhumbers" Philippe, François "Bajé", Jean Michel, Cathy, Patrick (l'organisateur), le "colonel" (qui a été impressionné par la bière que j'ai prise non loin de lukla (Népal) en pleine épreuve et qui me propose toujours une everest beer quand il me voit), Thierry qui fera le serre file sur le petit parcours (le chemin de ronde, 25 km, 1000 m+). Du coup avec l'annulation du passage au thabor, le 42 km et 3000 m+ se transforme en 32 km, 1900 m+,  Patrick s'est levé aux aurores ce matin pour rebaliser de toute urgence le grand parcours. La photo classique du Marseille Trail club family avant d'y aller et c'est parti avec deux minutes d'avance !

 

Nevache Skyrace 2011 (11)



Je pars presque en dernier, car j'étais entrain de refaire mes lacets (M. Asics pourriez vous faire moins de "cost reduction" sur la longueur des lacets des trabucco svp ? ).  Pour le moment, il ne pleut pas, et au bout de 10 minutes tout le monde commence à enlever des couches tandis que de rares éclaircies égayent les contreforts des montagnes. Je prends mon temps pour photographier ces trop rares instants, je sais que je mange mon pain blanc et que plus haut nous allons rentrer dans les nuages où la visibilité sera moindre et les belles couleurs habituelles de cette vallée de la Clarée diminuées. Je remonte petit à petit le peloton, épiant la moindre éclaircie, quand le nuage se déchire apparait tout un pan de paysage parfois vertigineux que l'on ne soupçonne pas. Les lacs sont atteint à un rythme acceptable, le vent n'est pas très fort et la température pas trop mordante. Les traileurs en short court sont légions, brrrr, j'ai froid à leur place. Je conseille un traileur débutant de ne pas s'arreter en plein couloir venteux pour prendre ses barres, il m'avoue qu'en région parisienne il n'a guère d'expérience montagnarde. Il m'interroge souvent sur le parcours, combien de temps doit on encore grimper et...je n'en sais rien vu que je n'ai pas vu le parcours de substitution par manque de temps ce matin. Je lui dit qu'il faut toujours en garder sous la semelle et ne pas se refroidir surtout. Etant situé en fin de peloton, je vois beaucoup de coureurs ayant des problème en descente et sur les sentiers techniques où les dalles pierreuses humidifiées par la pluie tétanisent les moins à l'aise. Je leur dit d'avoir confiance en leur pied, mais dans ces situations le mental n'est pas très réceptif...

 

Nevache Skyrace 2011 (80)


Au col du grand cros à 2848m, le vent est cinglant et la température est basse sans être négative toutefois. Je prends quelques photos et vidéos et mes doigts s'engourdissent à vitesse grand V (j'ai une paire de gants dans mon sac, je ne les sortirais pas finalement). La descente est très techniques mais ô miracle malgré la pente la terre ou plutôt le mélange de cailloux ne glisse pas du tout. J'encourage les coureurs à viser ces parties molles plutôt que les roches rendues dangereuses par la pluie. Nous sommes souvent dans la purée de pois, et coup de chance pour les sujets aux vertiges et malchance pour les amoureux des grands espaces. Bref mon appareil est trempé, l'objectif voilé par les gouttes d'eau, il est temps de rentrer à bon port. La pluie redouble d'intensité, je me rassure en me disant que cela teste le matériel et l'homme, mais courir pendant 4 h sous une pluie incessante est aussi intéressant que de se taper le bottin. L'arrivée à Nevache se fait sur les 12h30, je me change dans la voiture et attends la remise des prix (Anaelle fait 1ère espoir) ainsi que tibichic qui a noyé son smartphone dans l'affaire. Un petit thé chez Raspa à Briançon finira agréablement la journée, j'en avais un peu soupé de l'eau plate fut elle tombée des cieux !

Névache 2011 165

Toutes lles photos sont ici

 

Akuna

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